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«Le vent nous portera», de Noir Désir

© Alliance Presse
Chaque mois, Jonathan Hanley nous partage l'histoire d'un hit musical qui est entré dans l'histoire.
Jonathan Hanley

Quand Bertrand Cantat a écrit ce texte, savait-il que le vent est une image que Dieu le Fils a utilisée pour décrire l’action de Dieu l’Esprit? Jésus dit à Nicodème: «Le vent souffle où il veut; tu l’entends, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi de quiconque est né de l’Esprit» (Jean 3, 8). Si Bob Dylan avait écrit cette chanson, la référence biblique aurait été évidente. Avec Cantat, c’est moins sûr, mais on peut l’espérer.
Noir Désir était vu comme un groupe phare du vrai rock français, musclé mais avec des textes intelligents. Le vent nous portera a été le dernier succès du groupe avant que Cantat, le chanteur, tue sa compagne Marie Trintignant et purge sa peine pour homicide dans une prison lituanienne. Avec ses évocations douces amères d’«années mortes» dont il ne reste que le parfum, la chanson semble tragiquement prémonitoire.
Rempli d’allusions poignantes à la difficulté de la condition humaine, le texte ballotte constamment entre optimisme et pessimisme («Tout ira bien… tout disparaîtra»), entre violence et douceur («la caresse et la mitraille»), et entre assurance et peur de la science qui dérape («Je n’ai pas peur de la route… génétique en bandoulière»). L’espoir de l’amour et de la paix est plombé par l’inévitabilité du conflit et de la douleur, semble nous dire Cantat. Pour lui, l’être humain sera toujours insatisfait, car les palais, c’est hier ou demain, jamais aujourd’hui, chante-t-il à la deuxième strophe. La fin reste ouverte: la marée monte et nous ne savons toujours pas si le vent nous portera ou nous emportera.
Portés ou emportés? Cette incertitude, Cantat l’appelle «cette plaie qui nous tiraille». La plaie est béante tant que nous ne sommes pas réconciliés avec le Créateur; et, même cicatrisée, elle continue à nous tirailler, n’est-ce pas? C’est la plaie à laquelle Saint Augustin pensait lorsqu’il écrivit: «Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi!»

Jonathan Hanley

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Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui juillet-août 2016

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