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Les nouveaux cannibales

La chronique mensuelle d'Hugues Not, qui jette un regard doux-amer sur le protestantisme et la société.
Hugues Not

Un voyageur, dans le TGV, discute avec un autre et se vante un peu. Il dit pouvoir capter 645 chaînes de télévision et trouve cela super! Je m’évade dans mes pensées: à quoi servent tant de chaînes quand on a si peu de temps? Faut-il espérer plus de 24h par jours pour profiter de tous ces programmes? Comment comprendre qu’avec autant de propositions, on trouve si peu d’émissions intéressantes? Sous l’avalanche des programmes et des informations inutiles et insignifiantes, on se demande où puiser l’important. Et tant de programmes se ressemblent: toujours les mêmes séries, les mêmes policiers, les mêmes thrillers, les mêmes variétés avariées, les mêmes experts, les mêmes jeux où gagner des millions ou une montre, les mêmes téléréalités abêtissantes et scotchantes en remake de pays en pays. Sans parler des publicités qui saucissonnent et vous bousculent d’une scène de crime à votre frigo, d’un homme politique s’expliquant à un chat difficile qui réclame sa pâtée bio… Peut-on s’évader avec tant de chaînes?
En diffusant partout les mêmes choses, peut-on espérer l’émergence d’une vraie nouveauté? La profusion de banalités similaires bloque la créativité et provoque l’endormissement de tous. Il n’a pas tort, le philosophe qui s’inquiète du paradoxe: plus il y a de chaînes de télévision, de radios, de supports médiatiques, moins il y a de diversité et de vérité. On tue l’expression originale qui pourrait remettre en cause un système fait pour anesthésier les peuples. Il suffit de noter toute l’énergie déployée et dépensée pour que rien ne change - malgré les slogans mensongers - pour saisir qu’il y a là une entreprise qui dépasse la simple recherche d’audience. Quand l’insignifiant occupe tous les terrains, le pouvoir appartient à une nouvelle espèce de cannibales qui se goinfrent de ceux qui avalent tout et n’importe quoi.
Soudain, je me réveille: «La SNCF et le personnel d’accompagnement vous souhaitent une bonne journée!»

Hugues Not

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Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui avril 2016

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