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Docteur et garde du corps des Congolaises

© Alliance Presse
Un film vient de sortir sur Denis Mukwege, le gynécologue qui répare les femmes.
Nicolas Fouquet

Le 17 février est sorti dans les salles de cinéma un film qui marquera les esprits: L’homme qui répare les femmes – La colère d’Hippocrate. Réalisé par Thierry Michel et Colette Braeckman, ce documentaire retrace le parcours et le combat du docteur Denis Mukwege, un chrétien évangélique qui vient en aide aux femmes de son pays, la République démocratique du Congo (RDC).
Là-bas, dans les régions de l’Est, le viol est utilisé comme arme de guerre et le corps des femmes est devenu un véritable champ de bataille. Confessant qu’il est amené à voir «ce que même un œil de chirurgien ne peut s’habituer à voir», le docteur Mukwege cherche à «réparer», autant physiquement que psychologiquement, ces milliers de femmes. Son engagement représente un formidable espoir pour ces femmes qui le considèrent comme leur «garde du corps» et lui témoignent toute leur reconnaissance. Ainsi, après qu’il eut été victime d’une tentative d’assassinat en 2012, ce sont elles qui se sont mobilisées pour lui payer son billet d’avion et le faire revenir de son exil en Belgique.
Si le film est une belle occasion de faire connaître le combat du médecin, il faut aussi lui reconnaître cette force de ne pas se restreindre à la seule figure du docteur Mukwege. Le documentaire évite alors intelligemment le piège de l’hagiographie et élargit le débat en présentant la situation complexe de la région ou en s’interrogeant sur l’impunité dont jouissent les coupables.
Il est appréciable aussi que la dimension spirituelle du combat du docteur n’ait pas été passée sous silence. On le voit ainsi prêcher Bible en main et encourager les fidèles à placer leur confiance dans les promesses divines. Moteur de son engagement, sa foi l’aide à tenir dans l’adversité. Lui-même confiera dans une biographie qui lui est consacrée: «Sans la foi, je ne vois pas ce que j’aurais pu faire». Malgré sa qualité, le film n’est pas conseillé aux âmes sensibles. Si la violence des images reste contenue, ce sont davantage les témoignages qui peuvent choquer, car ils nous confrontent au niveau le plus bas de ce dont l’homme est capable.

Nicolas Fouquet

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Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui avril 2016

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