Skip to content

A Rocha s’invite à la COP 21

© Alliance Presse
Les défenseurs évangéliques de la Création sont repartis de Paris encore plus convaincus de la légitimité de leur engagement.

«Dans Jean, il est écrit que Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique… Le monde, ce sont les individus. Mais le monde, c’est aussi le reste de la Création». Katherine Hayhoe (photo), experte en climat, considérée comme l’une des 100 personnalités les plus influentes de la planète par le Time en 2014, a été l’oratrice vedette de la conférence d’A Rocha du 5 décembre, en marge de la COP21 à Paris. Quelque 180 chrétiens du monde entier ont fait le déplacement et sont repartis gonflés à bloc, plus convaincus que jamais d’avoir fait le bon choix en s’engageant pour l’écologie.
Impossible de soupçonner Katherine Hayhoe, également engagée dans les travaux de la COP21, d’avoir un passé syncrétiste, qui expliquerait un doux mélange alliant foi et écologisme béat. Certes, cette fille de missionnaires canadiens a grandi avec la conscience que Dieu nous avait laissé deux paroles, celle exprimée par la Bible et celle exprimée par la création. Après des études d’astrophysique - «avec ce désir de voir comment Dieu s’y était pris pour créer le monde» - après un complément d’études en géographie et en climat, elle s’est spécialisée dans le traitement de données scientifiques au profit des décideurs politiques.
Elle a eu plus de succès avec ces derniers qu’avec «ses frères et sœurs dans la foi». Au Texas, où elle vit avec son mari pasteur, 90% des chrétiens font partie des climatosceptiques. «Un jour, j’ai compris que cette réticence ne relevait pas de l’objection scientifique. Les croyants craignaient de ne pas pouvoir croire au changement climatique tout en restant croyants. Mais leurs arguments sont tout sauf bibliques, théologiques ou chrétiens», a-t-elle expliqué à Paris. Elle a d’ailleurs terminé son intervention en exhortant les chrétiens à s’intéresser au climat non à partir d’éléments politiques, mais Bible en main.
Dans cette perspective, l’anglican Dave Bookless, auteur de Dieu, l’écologie et moi (éd. A Rocha et Vivre), a rappelé en quoi la Création tout entière importait aux yeux de Dieu: «Il y avait plus d’animaux que d’humains dans l’Arche de Noé. Et ce n’est pas Noé qui, par amour des animaux, les a embarqués… L’ordre est venu de Dieu. Et l’arc-en-ciel est un “signe d’alliance entre Dieu et la terre”.»

Nouveau style de vie
Mais il n’a pas été question que de théologie lors de la conférence A Rocha. Le climatologue et professeur Antoine Bret a apporté la démonstration de la responsabilité humaine en matière de changement climatique. De son côté, Jean-François Mouhot, historien à A Rocha France, a fait le lien entre l’esclavage passé et celui, actuel, de l’énergie. Enfin, le secrétaire général de l’Alliance évangélique mondiale, Efraim Tendero, membre de la délégation philippine à la COP21, a rappelé l’injustice climatique: «Mon pays, les Philippines, est l’un des moins pollueurs au monde. Mais il est une victime des gros pays pollueurs voisins, en particulier de la Chine.»
A l’instar de plusieurs intervenants, il s’est dit convaincu que les Eglises font partie de la solution à la crise climatique: «Elles peuvent être une voix pour le respect de la Création, des catalyseurs pour que les jeunes optent pour une formation professionnelle dans des métiers en relation avec les énergies renouvelables, l’agriculture ou le climat». Il a appelé les chrétiens à adopter un style de vie en cohérence avec leur respect de la Création. «Le respect de la Création participe à mon amour du prochain», a-t-il déclaré en chœur avec d’autres orateurs.
Le théologien Henri Blocher a conclu la conférence en apportant «une caution théologique». Il a confirmé que «la Création est l’œuvre de notre maître et le témoignage de sa bonté envers nous» et que parmi nos moyens d’action on trouve aussi la prière. «Sans oublier que notre espérance se fonde non sur nos efforts, mais sur la promesse d’une réconciliation finale, avec de nouveaux cieux et une nouvelle terre.»
Parmi les participants enthousiastes, Lauren, jeune Américaine à l’origine d’une action de prière pour la COP21 dans son lycée de 1000 étudiants. 

Publicité

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui janvier 2016


Ils s’engagent

Bruno Rioualec est pasteur de l’Eglise ADD de Beauvais en Picardie. D’abord pour des raisons économiques, puis en réfléchissant aussi à l’impact écologique, il a proposé un nouveau bâtiment, le plus autonome possible: électricité solaire, récupération d’eau de pluie, murs en pierres ponces et en pisé pour une meilleure hygronométrie. Il reste à rassembler 0,8 million d’euros.
Après la crise de 2008, Isabelle Schwebel et plusieurs membres de son Eglise Agapé de Strasbourg ont lancé l’idée d’un jardin communautaire. Par conviction écologique, pour fédérer les générations de l’Eglise et pour cultiver des légumes afin de faire face à la crise. Ensemble ils ont constitué une AFP et pris part à un projet lancé par la ville. «Une annonce des valeurs de l’Evangile par le respect de la Création et par les relations.»

Pour poursuivre la lecture, choisissez une des options suivantes:

Créer un compte gratuitement

Et profitez de 14 jours de consultation gratuite de nos contenus

La table ronde «Aimer son prochain, comme Christ l’aime» animée par Pierre Jova(en bas à droite) avec (de haut en bas) Monseigneur Benoit de Sinety, Luc Maroni et Joël Prohin

100% en ligne, le CEIA a cartonné

Les 23 et 24 novembre derniers ont réuni de nombreux participants autour de sujets variés et actuels: un succès qui pousse le comité d’organisation du CEIA à envisager une formule hybride à l’avenir.

Publicité