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Effet de foule

La chronique mensuelle d'Hugues Not, qui jette un regard doux-amer sur le protestantisme et la société.
Hugues Not

L’émotion, si elle est légitime, est toujours mauvaise conseillère. Elle fait hurler d’un enthousiasme excessif dans un stade ; elle fait danser jusqu’au ridicule un soir de réveillon ; elle pousse dans la rue avec un refrain facile après des attentats. Elle fait croire que l’on a enfin trouvé la recette du «vivre ensemble» tant psalmodié par les politiques et les médias dont on ne sait plus qui est à la solde de l’autre.
Or, l’émotion vient du cœur plus que du cerveau. Elle a d’ailleurs tendance à l’anesthésier. Certes, le cœur à des raisons que la raison ne connaît et ne veut pas connaître ! Et c’est toujours de l’abondance du cœur que la bouche parle. Cependant, le cœur -qui est plein de bons sentiments- prend tout pour argent comptant. Pour agents contant des propagandes qui ne disent pas leur nom.
La foule, heureuse de vivre une communion et une solidarité si souvent absentes dans un monde individualiste et égoïste, n’est pas seulement versatile, elle n’a aucune mémoire et est manipulable à souhait. Il y a toujours des souffleurs pour lui murmurer ce qui doit être scandé. Il y a toujours des stratèges qui sautent sur ce qui sursaute, pour placer aussitôt des billes et des règles qui, dans le calme et la tranquillité, seraient perçues comme inacceptables.
Alors, la question reste et demeure : à qui profite le crime ? Il y a des terrorismes qui se lovent dans les terreurs suscitées par d’autres. Et que dire des donneurs de leçons qui refusent les amalgames quant il s’agit de gentils croyants et de méchants fanatiques, mais qui diffusent le discours selon lequel les religions sont des tyrannies dont il faut s’affranchir ? C’est toujours l’occasion qui fait le larron. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage !
Dans une actualité ancienne, mais sans cesse répétée, la foule salue le Messie qui entre à Jérusalem, et le lendemain, veut l’en faire sortir, les pieds devant. A qui profite la manipulation ? In fine, Jésus l’innocent est sacrifié et Barabbas le terroriste s’en sort.

Hugues Not

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Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – février 2015

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