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Suis pas dans mon assiette!

La chronique mensuelle d'Hugues Not, qui jette un regard doux-amer sur le protestantisme et la société.
Hugues Not

Alors que les fêtes de fin d’année ont pour constante les bons repas, les mets exceptionnels et les desserts exotiques, il serait incongru de parler de malbouffe, d’aliments malsains et de consommations dramatiquement excessives de viandes. Pourtant, nous savons que nos assiettes sont pleines de produits chimiques, d’aliments génétiquement modifiés, de volailles artificiellement élevées et de traces de pollutions multiples. La mode du bio est un mode de vie à retrouver et qui devient porteur, même pour les industriels – de quoi faire naître de nouvelles craintes.
Une des tendances marrantes du moment, c’est la passion nouvelle pour les légumes d’antan, mais aussi pour les produits fermiers hors calibre et plutôt moches, biscornus, difformes. Une revanche à suivre! Sans parler des aliments à ne plus faire cuire! Et puis, il y a les expériences en cours de la part de start-up pour éviter les nourritures empoisonnées, les abattages massifs et les poules en batteries. Les petits génies de la Silicon Valley sont parvenus à produire un steak in vitro, des plantes pressurisées aux valeurs nutritives égales à la viande, des mayonnaises sans œufs, des chips aux algues et, grande mode, des plats à base d’insectes, de vers de farine. Bon appétit!
Jean-Michel Lecerf, de l’Institut Pasteur, déclare: «La nourriture a une dimension symbolique très forte. On mange des symboles, une histoire, une culture, une éducation, des souvenirs. Et heureusement! Réduire l’être humain à un tube digestif est trop triste et participe à la perte des repères alimentaires». Par ailleurs, si, comme le dit un adage, nous devenons ce que nous mangeons, nous avons peut-être de quoi nous inquiéter.
Mais une autre citation me titille: «Prenez, mangez; ceci est mon corps. Et mon corps est vraiment une nourriture!». Je ne suis pas sûr que Jean-Michel Lecerf pensait au Christ en disant que nous mangions des symboles, mais tout de même: devenir ce que nous mangeons ouvre des perspectives!

Hugues Not

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Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – décembre 2014

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