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Faire taire Dieudonné, le mauvais choix?

© Alliance Presse
Interdire les spectacles de Dieudonné est une atteinte à la liberté d'expression. Un mal nécessaire? Polémique.
Jérémie Cavin

«Ce n’est pas parce qu’une idée choque qu’il faut l’interdire. Je suis favorable à la liberté d’expression, qui profite aussi aux chrétiens. Sinon, nous devons nous attendre à l’interdiction de nos propos qui vont à contre-courant». Pour Michael Mutzner, secrétaire général adjoint du Réseau évangélique suisse (RES) et formé en droit international, le gouvernement français a eu tort d’interdire le spectacle de Dieudonné, même s’il distingue entre le principe de liberté d’expression et le contenu du spectacle. Pour lui, l’humoriste joue la carte de la «provocation gratuite, contre laquelle il faut réagir».
Le sociologue Sébastien Fath a tenu le même discours sur son blog: «Je suis attaché à la liberté d’expression, y compris celle des racistes et des antisionistes. On ne combat pas des idées avec un bâillon, mais avec d’autres idées, assaisonnées de courage. Interdire Dieudonné, c’est promouvoir ses idées». Michael Mutzner espère que Dieudonné sera puni non par la loi, mais par le discrédit dont il fera l’objet une fois que plus personne n’assistera à ses spectacles.
Il semblerait que cette défense de la liberté d’expression à tout prix soit le fait de bon nombre d’évangéliques, pas pour voler au secours de l’humoriste, mais pour sauvegarder leurs propres droits. Dans le message de vœux du CNEF, Etienne Lhermenault s’est élevé contre une laïcité qui veut confiner les idées religieuses dans la sphère privée. Sans liberté d’expression, pas d’évangélisation! Dans ce sens, «prêcher pour sa religion et inviter les gens à changer de religion fait partie des droits fondamentaux», nous a-t-il confié.
N’y a-t-il donc aucune limite? Dans une prise de position d’avril 2012, le RES prônait déjà la liberté d’expression, à moins qu’elle ne soit un appel à la haine, à la violence ou à la discrimination. Une limite que Dieudonné n’a pas franchie, selon Michael Mutzner. Il tient surtout à noter l’incohérence du gouvernement: «Le sacrilège des Femen au Sacré-Cœur l’an passé est bien plus grave que le spectacle de Dieudonné, qui s’adresse à des adultes consentants». Cette revendication de tolérance à l’égard de propos subversifs a cependant un corollaire: «En tant qu’évangéliques, nous devons aussi accepter les attaques dont nous sommes l’objet et utiliser simplement notre droit de réponse.»

Jérémie Cavin

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Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – février 2014

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