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Ce qui distingue les évangéliques des catholiques

Même si le printemps des relations entre catholiques et évangéliques semble bien parti, certaines différences demeurent entre les deux confessions. Découvrez les autres articles de ce dossier sur ce site.
Jérémie Cavin

Bien que, dans les faits, la distance entre catholiques et évangéliques se réduise fortement, les deux mouvements ont des bases différentes. La théologie de la Réforme, à laquelle le monde évangélique se rattache, s’oppose sur plusieurs points à la théologie catholique, du moins à celle héritée du Concile de Trente, qui avait le vent en poupe jusqu’en 1959 environ. Il suffit de lire L’Institution de la religion chrétienne, de Calvin, pour prendre conscience du fossé entre la foi réformée et la foi catholique de l’époque. Les critiques du Réformateur sont acerbes!
On citera le rôle capital que joue la tradition pour l’Eglise catholique, en porte-à-faux avec le principe de la sola scriptura, cher aux évangéliques. Par exemple, sur la place de Marie et des saints, sur le purgatoire ou encore sur la Sainte Cène et le baptême, les traditions catholiques et évangéliques semblent bien distinctes.
La conception du rôle de l’Eglise est aussi différente. Pour les catholiques, l’Eglise fait office de relais entre le Christ et le croyant, d’instrument entre les mains de Dieu pour sauver le monde. Le salut de l’homme passe par l’incarnation du Christ, dont l’Eglise est le prolongement. D’où la place de choix qu’occupent le pape et les prêtres. Pour les évangéliques, au contraire, l’Eglise est le fruit de l’œuvre du Fils de Dieu, dont le sacrifice expiatoire est pleinement suffisant. Cette vision de l’Eglise a des conséquences sur la compréhension de l’engagement individuel: alors que les évangéliques, voyant le Christ comme seul médiateur, mettent l’accent sur le «sacerdoce universel» et constituent des Eglises de «professants», ce qui n’est pas toujours le cas des catholiques.
Dans leur essence, plusieurs articles de doctrine sont également différents. Alors que les catholiques appuient l’idée de la miséricorde de Dieu et l’excellence de la nature humaine, les évangéliques insistent plutôt sur la souveraineté et la gloire de Dieu, ainsi que sur la corruption totale de l’homme. Sur ces points, cependant, les évangéliques se distancient toujours plus de l’enseignement de la Réforme et semblent se rapprocher de l’Eglise catholique.

Jérémie Cavin

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Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – juin 2013

Dossier: Catholiques
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