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Il était une foi un petit d’homme

Il la trouva étendue à quelques pas de là, un bâton gisait à ses côtés. Sa respiration était haletante. Elle posa sur son compagnon un regard affolé. – Que se passe-t-il ? Tu es tombée, tu t’es fait mal ? – C’est mon ventre ! Elle désignait son ventre gonflé,…

Il la trouva étendue à quelques pas de là, un bâton gisait à ses côtés. Sa respiration était haletante. Elle posa sur son compagnon un regard affolé.
– Que se passe-t-il ? Tu es tombée, tu t’es fait mal ?
– C’est mon ventre !
Elle désignait son ventre gonflé, distendu. Il s’approcha et remarqua tout de suite que le sol était inondé tout autour de la jeune femme. Il la regarda sans comprendre.
– Que se passe-t-il ? Qu’est ce que je peux faire ? Tu as encore mal ?
Elle allait le rassurer, lui dire que non, que c’était terminé, que c’était juste une douleur atroce mais passagère, une crampe peut-être, quand elle sentit monter en elle une nouvelle vague de douleur. Celle-ci fut beaucoup plus forte que la précédente. Affolée, paniquée par cette douleur qui la transperçait, elle n’arrivait pas à retrouver son calme, à reprendre son souffle. Il la prit dans ses bras, la berça doucement. Elle finit par se calmer. Quand elle sentit arriver une nouvelle douleur, elle était prête. Elle ne se raidit pas, elle ne tenta pas de l’empêcher de submerger son corps, mais elle l’accueillit comme une marée.
Les crises étaient maintenant régulières, rapprochées et très violentes. Son corps était couvert de sueur. Soudain, entre deux contractions violentes, elle regarda son compagnon et lui dit :
– C’est le moment, c’est arrivé, il doit sortir !
– De quoi tu parles ? Qui doit sortir ?
– Tu verras ! Aide-moi à m’accroupir et, je t’en supplie, reste avec moi ! Quoi qu’il arrive, reste avec moi !
Elle s’accroupit dans l’herbe à l’ombre d’un arbre. Quand la douleur arriva, elle poussa de toute son énergie. Elle ne savait pas ce qu’elle faisait, mais une force en elle lui disait que c’est ce qu’elle devait faire. Son corps distendu menaçait de se déchirer. Elle n’était plus que douleur. Elle songea furtivement que c’est sa vie qu’elle était peut-être en train d’expulser ainsi de son corps. Mais la douleur était trop présente pour laisser beaucoup de place à la peur.
Il était terrorisé ! Il ne comprenait rien à ce qui se passait. Il voyait sa compagne saigner, souffrir et il ne savait que faire. Soudain, elle attrapa quelque chose de gluant qui pointait entre ses cuisses. Frappé d’horreur, il restait pétrifié. La chose se dégagea complètement du corps supplicié de sa compagne. Elle la prit dans ses bras, l’approcha de son visage. C’est alors que la chose cria !Eve, le visage transfiguré de joie et d’amour murmura : «J’ai donné la vie à un petit d’homme !»

Pierre-Yves Zwahlen

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – octobre 2012

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