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Coeur corrompu (Carte blanche)

© Alliance Presse
Chaque mois, Christianisme Aujourd'hui offre sa tribune libre à un acteur du protestantisme évangélique d'expression française. Paul Wells, doyen de la Faculté Jean Calvin, offre indirectement une explication théologique de la récente tragédie de Toulouse.
Paul Wells

Notre société croit à la bonté de l’homme, au progrès et aspire à l’égalité. Mais selon la Bible, les hommes ne sont pas bons, leur progrès moral n’existe pas et la seule égalité dont ils peuvent se prévaloir est celle d’être tous des pécheurs devant Dieu. En un mot, la corruption et la violence sont universelles, et ce serait une erreur de se croire sans violence parce que l’on ne serait pas agressif.
A l’image d’une pomme pourrie au fond d’un panier, la corruption de l’homme est d’abord invisible. La violence, elle, est évidente et traduit des pensées mauvaises, des vices cachés. Par exemple, la convoitise suscite le vol, le mensonge peut être meurtrier, la haine est à l’origine d’actes brutaux et du terrorisme sous toutes ses formes. Le drame de Toulouse en est un exemple frappant.
Comment peut-on en arriver là? La corruption du cœur conçoit et enfante le péché. Puis le péché produit la mort (Jac. 1, 14-15), une mort à la fois spirituelle (la séparation d’avec Dieu) et physique.
Chacun est attiré vers le mal «par son propre désir»; pas par le diable ou par les autres, mais par lui-même. Le désir mauvais est la nature d’un cœur corrompu, malgré peut-être une bonne apparence. Tel est le portrait de chacun de nous, même si nous n’avons pas commis «de péché scandaleux». Car Romains 3, 10 affirme qu’il n’y a pas de juste devant Dieu: tous les hommes sont sous l’emprise du péché.
Cette corruption intérieure se transforme donc en violence (Gen. 6, 5-6 et Gen. 8, 21-22). Du temps de Noé, le déluge en est la conséquence directe. Dieu est navré par la dépravation qu’il observe sur terre, Noé seul faisant exception: «Il marchait avec Dieu.»
Selon les périodes et les lieux, la dépravation et la violence connaissent plusieurs variantes dans les domaines social et culturel. Il faut être reconnaissant lorsqu’elles sont limitées, mais le processus est toujours le même: on médite le mal, puis on passe à l’acte de telle sorte que cela devient une habitude. Quand plusieurs individus font de même, la société devient violente, caractérisée par le terrorisme ou le banditisme. Ce qui était rejeté comme répréhensible devient un fléau à répétition…
Le changement n’est pas extérieur, mais intérieur. Noé, «un homme juste et intègre parmi ses contemporains», est une image du Christ qui a sauvé son peuple en mourant. Jésus-Christ est saint, juste, innocent et sans péché. Il a subi la violence et la mort, et les a vaincues dans sa résurrection. Il a effacé l’accusation dont nous étions l’objet en donnant sa vie pour nous. Désormais, sa perfection, sa justice, sa bonté sont nôtres et gratuitement données à ceux qui croient. Le Saint-Esprit nous apporte jour après jour la vie, la justice et la sainteté qui sont en Christ. Ainsi, le cycle de violence à répétition est rompu par celui qui a vaincu la violence et qui est la réponse à notre corruption et nos violences.

Paul Wells

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Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – mai 2012

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