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Les anges de Manchester

© Alliance Presse
Confronté à des jeunes qui avaient une soif spirituelle mais un comportement inadapté, un mouvement a décidé d’aller vivre avec eux dans des quartiers sensibles. Dix ans plus tard, la police et la politique sont acquis
Natacha Horton

«Tellement de gens disent qu’on n’en fait pas assez pour les jeunes. Ici, le projet touche directement les quartiers. En tant qu’organisation confessionnelle, tous ceux qui travaillent ici font preuve d’un engagement incroyable. C’est impressionnant. Cela fait une grande différence». C’est en ces termes que le leader du Parti Conservateur britannique, David Cameron, s’est réjoui du projet Eden d’Old Trafford qu’il visitait en mai 2006.
Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de sept projets Eden mis en place dans le Grand Manchester. Douze personnes au plus forment une équipe qui choisit de vivre dans un quartier réputé difficile et s’y investit parmi les onze à dix-huit ans sur le long terme.
Sous le couvert de l’organisation «Message Trust», le projet débute en 1997 par des concerts donnés dans des écoles et une semaine de service dans un quartier défavorisé de Manchester. Lors du dernier concert, une centaine de jeunes manifestent leur désir de s’engager dans la vie chrétienne. «Et ensuite?», s’interrogent les organisateurs. Dirigés vers l’Eglise locale, les nouveaux venus vivent en contextes familial et social difficiles. Leurs attitudes déstabilisent l’Eglise qui est débordée. «Pour faire de ces jeunes des disciples, il fallait plus que le dimanche matin et le groupe de jeunes une fois par semaine», explique Anna Thompson, coordinatrice. «Ils avaient besoin de gens qui vivent là où ils vivent et les enseignent par l’exemple». Une dizaine de jeunes dans la vingtaine forment alors le premier projet Eden.
Aujourd’hui, pas moins de quatre-vingts animateurs bénévoles ont rejoint le projet, secondés par des membres des Eglises locales. A côté d’un travail rémunéré, ils consacrent plusieurs soirées par semaine aux jeunes: par groupe de deux ou trois, ils sortent établir des contacts dans la rue, offrant activités sportives, accompagnement personnalisé, groupes de découverte de la foi à domicile et des clubs de jeunesse. Depuis 2000, deux bus aménagés en salles de jeux complètent le projet.
En mai de cette année, les activités de Message Trust ont touché 800 jeunes et 150 d’entre eux ont pris un engagement spirituel. Mais c’est sur le long terme que misent les chrétiens, au niveau des choix de vie et de l’estime de soi. Sans être des professionnels, les animateurs n’en deviennent pas moins des personnes de référence pour les jeunes qu’ils côtoient. Fréquemment, explique Anna Thompson, ils dirigent et accompagnent leurs protégés vers les services spécialisés.
Les groupes Eden ont contribué à une diminution de la criminalité dans certains quartiers. Celui de Salford a vu ce taux diminuer de 40%. «Je travaille avec Eden depuis des années», explique le commissaire Alison Fletcher de la Police de Manchester. «Ils vont dans des zones de grand besoin social et offrent un exemple positif. Ce qu’ils proposent éloigne des jeunes de comportements anti-sociaux ou criminels et les aide à s’engager autour d’eux.»
Le projet Eden a gagné une reconnaissance désormais nationale. Lauréat d’un prix récompensant les œuvres de charité en 2006, il est question de l’implanter dans d’autres banlieues, notamment à Londres.

Natacha Horton

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Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Juillet-Août 2009

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