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Il aurait fallu l’Euro à Rangoun

Le 2 mai dernier, le cyclone Nargis dévastait une partie de la Birmanie. La junte militaire au pouvoir a aussitôt bloqué plus encore ses frontières et le monde entier, abasourdi, a constaté qu’un gouvernement pouvait refuser, par orgueil, qu’on vienne au secours de sa population. «Une catastrophe après la catastrophe»,…
Hugues Not

Le 2 mai dernier, le cyclone Nargis dévastait une partie de la Birmanie. La junte militaire au pouvoir a aussitôt bloqué plus encore ses frontières et le monde entier, abasourdi, a constaté qu’un gouvernement pouvait refuser, par orgueil, qu’on vienne au secours de sa population. «Une catastrophe après la catastrophe», disait alors Bernard Kouchner. Depuis, les portes se sont un peu ouvertes. Selon Amnesty International, le nombre de morts est certainement deux à trois fois supérieur au chiffre officiel : 150 000 décès et deux millions et demi de personnes touchées. Un rapport de la même organisation signale «Du matériel et de le l’aide humanitaire ont été confisqués par les forces armées pour être revendus». De plus et loin des projecteurs, certaines minorités ethniques de Birmanie et persécutées par le pouvoir depuis longtemps, risquent d’être «oubliées» par les distributions de secours ; ce qui permettrait de se débarrasser d’elles sans que personne ne s’en rende compte. C’est le cas des Karens, une ethnie christianisée au 19e siècle et persécutée de longue date par la junte.
–CREDIT–
Dix jours après le cyclone en Birmanie, la terre tremblait en Chine. À quelque chose malheur est bon : après la focalisation médiatique sur le dossier tibétain, le «méchant» gouvernement chinois qui frappait les moines rouges pouvait montrer un autre visage. Et voilà que ce pays se met à jouer la transparence. Tandis que l’attitude birmane est toujours incompréhensible, pour ne pas dire criminelle, Pékin s’active et témoigne de son efficacité. Les secours sont rapidement et utilement mis en place et les frontières s’ouvrent pour l’aide humanitaire qui afflue. Il faut dire que les Jeux Olympiques coûtent très cher et que les caisses de l’État ne pourront pas subir une nouvelle dépense aussi considérable.
Tous les commentateurs s’étonnent des facilités que, cette fois, la Chine offre aux organisations humanitaires internationales. Et il est clair que sans les JO, les choses auraient été différentes. Le gouvernement chinois n’a pas changé à ce point.
La preuve est qu’une manifestation sur la place Tienanmen, le 4 juin dernier, en souvenir de ce qui s’est passé voilà 19 ans, n’a pas été autorisée. Et qui sait qu’il y a toujours 130 prisonniers dans les geôles chinoises  suite aux événements de Tienanmen ?
Il n’empêche que les victimes du tremblement de terre du 12 mai, dans la région du Sichuan, doivent une partie des secours internationaux aux JO. Ce qui permet de dire que, finalement, la décision tant décriée du Comité International Olympique, en 2001, d’attribuer les Jeux à la Chine, a tout de même un effet bénéfique.
Quel dommage que l’Euro 2008 ne se soit pas déroulé à Rangoun !

Hugues Not

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Juillet-Août 2008

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