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Chrétiens face à la loi civile

À Lausanne, des juristes ont évoqué leur cas de conscience
Natacha Horton

Invités par les Entrepreneurs Chrétiens Suisses (ECS), cinq juristes se sont exprimés sur le sujet sensible de la conflictualité entre l’éthique personnelle chrétienne et le travail de juriste qui demande à se référer à d’autres lois. Une cinquantaine de personnes, dont un tiers de juristes, étaient présents ce 30 mai à Lausanne.
Pour Chloé Bregnard-Écoffey, employée au Service d’Aide Juridique aux Exilés, c’est un conflit qui fait partie du quotidien : «Dans le cadre de ma pratique, j’ai souvent un profond désaccord avec la loi en vigueur. Par exemple, si le demandeur d’asile a passé par un pays tiers dit “sûr”, on n’entre pas en matière. C’est très difficile de rester humain tout en appliquant ce type de loi. Mais c’est mon travail». Pour elle, on ne peut pas non plus édicter une loi biblique absolue, notamment sur la question de l’immigration.
–CREDIT–
Combiner les deux lois est nécessaire. Comment cela se passe-t-il concrètement au quotidien ? Pour le juriste, il s’agit de faire son travail au mieux. «Parfois, je suis désigné d’office», explique Philippe Conod, avocat. «Si vous n’êtes pas capable de défendre quelqu’un qui de premier abord est indéfendable, il ne faut pas faire ce travail. Lorsque j’ai le choix, je peux refuser quelqu’un pour des raisons éthiques, mais parfois aussi je prends un cas que personne ne veut défendre.»
Quelles possibilités se présentent donc en cas de conflit profond entre son éthique et la loi humaine? Être incité à violer la loi pour un «bon but» est inacceptable, affirme Suzette Sandoz, professeur de droit honoraire à l’université de Lausanne et membre du Synode de l’EERV.
C’est au travail en amont que l’on suggère d’être particulièrement attentif. En tant que juriste, on peut disposer d’une influence sur l’élaboration de la loi. «Lorsque je vote, je fais référence à mes valeurs; elles sont une traduction de ce que je peux trouver dans la Bible», explique Claude Ruey, docteur en droit et Conseiller national.
Le juriste, nous rappelle cette conférence, n’est pas un «applicateur de la loi divine». Il est imparfait, tout comme les lois, parce qu’humain. Le juriste peut aussi se tromper. «C’est un privilège d’être chrétien dans ce métier, de pouvoir connaître le pardon», conclut Philippe Conod.
Natacha Horton

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Juillet-Août 2008

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