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Chatouilleuse laïcité

Publicité Le président Nicolas Sarkozy s’est attiré les foudres de toutes parts - y compris des sociologues protestants - en raison de ses multiples déclarations d’ordre religieux. La laïcité est chatouilleuse. Toute prise de position revêtant de près ou de loin une dimension religieuse met ses partisans sur leurs pattes…
Christian Willi

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Le président Nicolas Sarkozy s’est attiré les foudres de toutes parts - y compris des sociologues protestants - en raison de ses multiples déclarations d’ordre religieux.
La laïcité est chatouilleuse. Toute prise de position revêtant de près ou de loin une dimension religieuse met ses partisans sur leurs pattes arrières : par exemple lorsque le président français affirme que toute laïcité s’essouffle sans espérance religieuse; ou lorsque l’Église catholique espagnole désapprouve son gouvernement qui édicte des lois contraires aux exigence bibliques ou encore lorsque Benoît XVI exhorte les pharmaciens italiens à l’objection de conscience pour refuser la vente de la pilule du lendemain.
L’Europe serait-elle vraiment face à une menace de contre-révolution religieuse, plus de deux siècles après les Lumières? Les militants d’une laïcité radicale ne font qu’agiter un épouvantail, car en fait on en est bien loin.
Le retour des questions religieuses ne remet pas en question la séparation de l’Église et de l’État. Elle relève au contraire des nouveaux défis que la société rencontre: citons pêle-mêle l’intégration de minorités importantes de l’islam dans des espaces et un fonctionnement démocratique ; les options éthiques des États et de la science depuis plusieurs années, qui touchent à la valeur et au sens de la vie humaine ; l’identité de notre civilisation qui comporte forcément une dimension métaphysique. La société ne peut nier que bon nombre de questions touchent au religieux.
S’en offusquer au motif que la raison a réponse à tout, refuser aux religions le droit d’exprimer leurs convictions et leurs valeurs dans l’espace public, dans le respect de la séparation de l’Église et de l’État, c’est tomber dans une autre forme d’obscurantisme. Cet obscurantisme nous ferait croire que l’humanité a réponse en elle-même à tous les problèmes et les défis qu’elle rencontre.
Christian Willi

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Mars 2008

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