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Lettre ouverte à mon Église

Chère Église, Cela fait plusieurs années que je te fréquente. Tu étais devenue pour moi comme une grande famille. Je suis arrivée avec mon mari peu de temps après notre mariage et j’ai vite trouvé ma place. J’y étais bien engagée et avais des amis. Mon mariage n’était…

Chère Église,
Cela fait plusieurs années que je te fréquente. Tu étais devenue pour moi comme une grande famille. Je suis arrivée avec mon mari peu de temps après notre mariage et j’ai vite trouvé ma place. J’y étais bien engagée et avais des amis.
Mon mariage n’était pas une réussite et malgré ce que tu as fait pour nous aider, notre situation n’a pas évolué. J’en suis arrivée à ne voir qu’une solution possible pour arrêter une vie d’enfer: le divorce. C’était la seule issue que je voyais pour mes enfants et moi-même.
–CREDIT–
L’échec de mon mariage a été difficile à assumer sur plusieurs fronts et j’ai dû traverser seule cette étape. Ton rejet, en tout cas, a été flagrant. Je me sens très seule, chez toi, transparente, même. Ceux que je croyais être mes amis ne m’approchent plus. On ne m’invite plus comme auparavant et il y a cette espèce de gêne que je ressens. Mis à part de rares amis très proches, nul n’est venu me voir pour savoir comment je vivais cette situation ou pour me proposer de prier pour moi et mes enfants. Nul ne me pose de question au sujet de mes besoins. Le soutien et l’écoute dont j’avais besoin me sont venus beaucoup plus naturellement de personnes qui ne sont pas dans la foi.
Ton attitude me fait du mal. Je croyais être entourée et voilà, tu es devenue un lieu de souffrance. J’en viens à m’y sentir mal à l’aise et me demande si j’ai encore ma place ou le droit d’y exister. Même si cela devient difficile, je te visite toujours régulièrement, car je sens que Dieu m’y appelle.
Malgré ces étapes pénibles, j’ai continué à m’accrocher à Dieu. Il est resté fidèle à mes côtés et a comblé le vide laissé par cette solitude. Ma foi a également pris une toute autre dimension. Pendant des années, j’ai crié à Dieu, lui demandant pourquoi ce mariage qui avait été établi devant lui ne fonctionnait pas. Puis dans cette étape de séparation, il s’est beaucoup manifesté à moi, me permettant de ne pas m’effondrer. Je n’ai ressenti aucune révolte envers lui car il a été mon appui et m’a donné tant d’amour que ma relation avec lui en est devenue plus authentique.
Je pense que tu ne te rends pas compte de la souffrance qu’engendre un tel échec et que tu n’es pas à l’écoute de ceux qui la subissent.
Qu’ai-je fait pour démériter l’affection de mes frères et sœurs? Les ai-je blessés à tel point que je n’ai plus ma place? au milieu d’eux? Que dois-je faire pour être à nouveau acceptée? Est-ce que les personnes divorcées ternissent l’Église au point qu’on préfère les éviter? Qu’aurait fait Jésus? M’aurait-il abandonnée?

Charlotte

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Octobre 2007

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