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Quelles valeurs pour l’Europe, 50 ans après?

Une politologue chrétienne revient sur l’élan «chrétien» qui a accompagné le lancement de l’Europe. Pour elle, le projet est désormais passé en d’autres mains
Xavier Tracol

On parle souvent de l’héritage judéo-chrétien de l’Europe. Est-il l’unique référence de la construction européenne?
Les pères fondateurs de l’Europe unie étaient presque tous d’inspiration chrétienne et plus spécifiquement catholiques. Plusieurs d’entre eux partageaient probablement les aspirations du premier chancelier de la République fédérale allemande lorsqu’il déclarait: «Je désire l’amitié entre la France et l’Allemagne comme base durable de l’union européenne. Si elle se concrétise, l’Occident chrétien pourra être sauvé.»
S’agissant des trois héritages principaux de la civilisation européenne que sont
Athènes, Rome et Jérusalem, il est par contre intéressant de relever le caractère symbolique du choix de Rome comme ville où fut signé le traité de base de l’Union Européenne actuelle. Plus près de nous, le choix de Rome pour la signature du Traité constitutionnel [en 2003 ndlr] renforce encore cette espèce de filiation plus ou moins consciente. La «marque romaine» apparaît dans chaque union de l’Europe: Charlemagne, Charles Quint, Napoléon, IIIe Reich et UE. Là réside d’ailleurs l’une des différences entre l’Europe et les États-Unis: les États-Unis sont moins imprégnés par la source romaine et davantage par la judéo-chrétienne.
–CREDIT–
Cinquante ans après, peut-on dire que l’héritage judéo-chrétien est palpable dans le Traité de Rome?
Cet héritage n’est pas vraiment palpable dans le Traité de Rome même si son
contenu n’entre pas en contradiction avec les valeurs politiques dérivées du christianisme que sont le respect des libertés individuelles et de la dignité
humaine.
Cela tient à la méthode d’intégration choisie: la méthode fonctionnaliste. Il s’agit d’intégrer d’abord des domaines qui touchent relativement peu la souveraineté, en tout cas pas les fonctions régaliennes ou essentielles de l’État. L’économie est un secteur où les valeurs sont moins présentes que dans d’autres. Dans l’esprit des pères de l’Europe unie, il fallait commencer l’union de façon pragmatique, en suscitant des «solidarités de fait» afin d’atteindre de nobles et hauts objectifs tels que la paix en Europe, le relèvement économique du Vieux Continent et un frein à son recul sur la scène mondiale.

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