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Inventez la vie qui va avec

Bernard Bolay, pasteur réformé et théologien, à propos du couple

Lorsque j’accompagne un couple en vue de la bénédiction de leur mariage, je suis souvent surpris par le caractère impossible de certaines promesses. À commencer par: «je promets de te rendre heureux(se)». C’est dire l’idéalisation du couple, sa fixation, à l’image de la traditionnelle photo des noces qui trône sur le piano. Image du bonheur… Peut-être moins celui que l’on vit que celui que l’on rêve.
Or après vingt-sept ans de mariage, je constate que je vis avec une autre femme que celle que j’ai épousée, et sans doute ma femme vit-elle avec un autre homme. J’ai changé. Elle a changé. Notre mariage a changé. Et il est possible que nous vivions encore trente ans ensemble.
–CREDIT–
Quel espace alors, dans le couple marié, pour le développement de l’autre?? Pour la différenciation de l’autre?? Nous nous sommes mariés très jeunes et, du coup, nous nous sommes différenciés tard. Quelle place pour l’acceptation du goût, de l’intérêt, parfois de l’orientation spirituelle propre de l’autre?? Pour le dire autrement : quelle fidélité à l’égard du premier projet conjugal?? N’en va-t-il pas de même avec ma foi et l’image que j’ai de Dieu?? Elles évoluent et se transforment au fil du parcours.
Le mariage, comme tout autre lieu de vie, est lieu de crucifixion et de résurrection, de renoncement et de renouvellement. Ce qui est crucifié, c’est le fantasme de la réussite, du modèle à offrir au regard des autres. Cela implique l’apprentissage de la frustration et de la non-saisie de l’autre. Parfois l’acquiescement à la crise, à la brisure du rêve, à l’échec quand il se présente,
De l’autre côté, il y a l’espérance et la confiance dans l’autre, dans la force du lien, dans la parole échangée, dans la maturation de la relation, dans le mystère et le miracle de la rencontre. Il y a l’espérance que le mystère de la relation conjugale se réalise toujours et encore et à nouveau.
Le mariage n’est pas le lieu d’une saturation, mais d’une vocation, qui fait nécessairement l’expérience du manque. Et le manque, c’est l’appel à la rencontre.
Lorsque la Twingo est sortie, les publicitaires l’ont accompagnée du slogan?: «Inventez la vie qui va avec». C’est l’invitation qui pourrait être adressée à tous ceux qui tentent l’aventure du mariage.

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Mars 2007

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