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Un nouveau continent virtuel s’offre au gospel francophone

Un nouveau continent virtuel  s’offre au gospel francophone
 
19.12.16 - Cinquième épisode d’une série d’articles sur les enjeux du protestantisme évangélique à l’échelle de la francophonie. Une contribution de l’historien Sébastien Fath.
A la cantine des Européens, les racines sont à la mode. Matin, midi et soir, on nous sert des veloutés de racines, des salades de racines, des élixirs de racines. Il paraît que ça guérit tout! A voir...
Confrontée à une crise des valeurs, au désamour des Britanniques (Brexit), au manque de vision sur l’avenir des institutions communes, et à l’afflux de réfugiés venus de Syrie, l’Europe regarde dans le rétroviseur. Les «racines chrétiennes», jugées trop oubliées, seraient ici aussi le remède.
Dans les Eglises évangéliques, beaucoup ne sont pas complètement insensibles à ces discours nostalgiques. On peut le comprendre. Le problème est qu’à trop se nourrir de racines, c’est l’idéologie du sol qui revient en force.
Avec elle s’invitent le populisme simpliste, les discours du «chez-nous», l’intolérance à l’autre, voire pire.
En Belgique, les francophones sont moins touchés que les Flamands (Vlaams Belang) par l’extrême droite ultranationaliste, mais les discours de rejet progressent. En France, un bon quart de l’électorat se rallierait aujourd’hui à Marine Le Pen et au Front national, dont l’un des éléments majeurs du programme est la «préférence nationale». Autrement dit, les étrangers peuvent payer des impôts et la TVA, mais ne peuvent plus bénéficier de la solidarité qui va avec. En Suisse, pays pourtant épargné par la vague de réfugiés, l’Union démocratique du centre (UDC) de Christoph Blocher, proche de l’extrême droite, a frôlé les 30% des voix aux dernières élections fédérales (2015) sur la base d’un discours centré sur l’immigration plutôt que sur l’économie.

Un chant d’espérance et de partage
Les évangéliques francophones européens sont aujourd’hui conviés à se joindre au chorus de celles et ceux qui invoquent les «racines» d’une Europe en train de «perdre son âme». Air du temps, quand tu nous tiens... Il est pourtant un autre chorus, bien moins médiatisé, qui mérite de retenir l’attention aujourd’hui. C’est celui d’un gospel francophone vibrant de créativité et de jeunesse, qui connaît depuis trente ans un essor fulgurant.
(...)
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Illustration/Photo: © iStockphoto
 
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Des racines aux nouvelles pousses

Le gospel est né à la fin du 19e siècle aux Etats-Unis, à partir du terreau des negro spirituals, chants chrétiens des esclaves noirs. Il se caractérise par quatre éléments: il s’agit d’une musique vocale (1) accompagnée d’instruments (2), orientée vers la congrégation et le culte chrétien (3) et au service de l’annonce du Salut chrétien (4) via les thèmes du pardon et de la délivrance. Au cours de la seconde moitié du 20e siècle, à partir de quatre pôles principaux (Caraïbes, Québec, Afrique de l’Ouest et Europe), ce genre musical s’est adapté au contexte francophone, non seulement par la traduction, mais aussi par de nouvelles créations en langue française ou créole.
 

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