L'article

«The sound of Silence», Paul Simon

«The sound of Silence», Paul Simon
 
24.04.17 - Ces Hits entrés dans l'histoire.
Cette chanson regorge de références religieuses. Elle décrit même une célébration cultuelle, une foule assemblée pour adorer une divinité. «Et dans la lumière crue j’ai vu dix-mille personnes, peut-être plus. Et la foule recueillie s’est mise à prier, au dieu de néon qu’elle s’est fabriqué.
»

Voilà plus de 50 ans que cette chanson tourne. Ecrite vers 1964, elle figure parmi les plus grands tubes du duo américain Simon et Garfunkel, figures majeures du folk-rock depuis les années de la contre-culture et des revendications libertaires. Mais loin de vanter les mérites des valeurs humanistes de l’époque, ce texte reste d’actualité parce qu’il exprime la frustration de ceux qui pressentaient déjà, en pleine effervescence des années 60, que la société ne prenait pas le bon chemin.

On sent poindre dans ce texte de Paul Simon une critique de la superficialité d’un monde qui, malgré ses espoirs affichés, se tourne de plus en plus vers la consommation. Les panneaux portent des messages en lumières de néon qui déchirent la nuit. On pourrait croire que l’obscurité de l’incompréhension va céder du terrain. Mais il n’en est rien. Aucune vraie communication n’est transmise par des mots que personne n’écoute, des discussions sans signification et des chansons que l’on ne chantera jamais.

Simon et Garfunkel ont la perspicacité de voir que la grand-messe de la société ne va pas livrer les bienfaits attendus. Les enseignes immenses, les publicités clinquantes et le brouhaha de la parole publique ne sont que les accoutrements d’une divinité de pacotille: un dieu de néon.

En filigrane se pose la question de savoir qui écouter. Comment entendre une vraie parole? En lisant les graffitis sur les murs du métro et des halls d’immeuble, propose Paul Simon, c’est-à-dire en comprenant que la vérité ne se transmet pas par les certitudes martelées et les lumières éblouissantes. Il nous lance le défi de chercher à entendre la voix du silence, celle qui nous appelle sans s’imposer. The Sound of Silence est un constat que l’être humain cherche un dieu à adorer et une voix à écouter. Pour le croyant, la chanson est un avertissement: comme le prophète Elie, sachons regarder au-delà du grandiose et du clinquant pour entendre Dieu dans le bruissement d’un murmure doux et subtil. Pour tous, la chanson est un rappel: on ne peut pas taire la voix de la quête spirituelle. Qui allez-vous écouter?

Jonathan Hanley

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Illustration/Photo: © Ixène
 
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« The Sound Of Silence » Simon & Garfunkel

Bonsoir la nuit, ma vieille amie
C’est encore moi. Je viens te parler
Une vision s’est glissée en moi pour
Semer ses graines dans mon sommeil
Et la vision plantée dans ma tête
Reste enfermée
Dans le son du silence

Dans mes rêves agités j'arpentais seul
Des rues étroites et pavées
Sous le halo d'un réverbère
J’ai fermé mon manteau contre le froid
Lorsque l'éclat d'un néon m’a aveuglé,
Déchirant la nuit pour toucher
Le son du silence

Et dans la lumière crue j’ai vu
Dix mille personnes, peut-être plus
Des gens qui discutent sans parler,
Ils entendent sans écouter
Ils écrivent des chansons que personne ne chantera jamais
Et personne n'ose déranger
Le son du silence

Imbéciles, j’ai dit, vous ignorez
Que le silence, tel un cancer, grandit
Entendez mes paroles que je vous enseigne
Prenez mes bras que je vous embrasse
Mes paroles sont tombées sans bruit,
Des gouttes de pluie qui résonnent
Dans les puits du silence

Et la foule recueillie s’est mise à prier
Au dieu de néon qu'elle s’est fabriqué
Et la lumière du néon les avertit
Avec des lettres et des mots bien alignés
Le message est clair :
Les paroles des prophètes Sont écrites sur les murs du métro
Et dans les halls d'immeubles,
Et murmurés dans les sons du silence

 

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