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Sommes-nous certains de vouloir le réveil?

Sommes-nous certains de vouloir le réveil?
 
19.06.17 - Commémorer, c’est actualiser. Cette année anniversaire doit être l’occasion de renouveler son attente et sa prière pour un réveil dans notre génération. Mais mesure-t-on ce que cela signifie? Car le réveil amène toujours d’importantes transformations voire des bouleversements. Voici trois points qu’enseignent la Réforme, le Réveil de Genève et d’autres encore.
1. Menaces, oppositions, souffrances
Martin Luther en savait quelque chose! L’opposition qu’il a rencontrée et les menaces dont il a été l’objet en témoignent, aussi a-t-il écrit: «Là où la Parole de Dieu est prêchée dans sa pureté et sa force, il ne peut manquer d’y avoir du bruit!». Telle fut l’expérience de quasi tous les Réformateurs:
Calvin fut renvoyé de Genève en 1538 et ne put y revenir que trois ans plus tard, John Knox dut affronter l’opposition de la reine d’Ecosse et fut lui aussi exilé. Pierre Viret fut empoisonné; il ne mourut pas mais sa santé fut définitivement ruinée.

Bien que son histoire fût moins tragique, le Réveil de Genève connut aussi oppositions et souffrances: plusieurs des responsables furent destitués: Louis Gaussen et César Malan à Genève, Adolphe Monod à Lyon. En pays de Vaud, l’opposition fut encore plus vive, plusieurs pasteurs durent s’exiler et connurent la prison comme Henri Juvet, l’ami d’enfance du fondateur de la Communauté des diaconesses de St-Loup.
Quant au 20e siècle, j’ai personnellement entendu le pasteur Edouard Champendal, un des «brigadiers de la Drôme», cette équipe de quatre pasteurs réformés revivalistes, dire qu’au début de leur œuvre, ils avaient été convoqués à Valence par les autorités de leur Eglise qui les menacèrent de supprimer leur salaire s’ils continuaient à évangéliser comme ils le faisaient! Champendal ajoutait: «Nous étions tous de jeunes pères de famille et sommes ressortis de cet entretien catastrophés, jusqu’à ce que l’un d’entre nous dise: “Ce ne sont que des hommes, Dieu est souverain, allons boire un café!”». Leur salaire ne fut jamais
supprimé.

Nous qui prions pour le réveil, sommes-nous prêts à affronter les oppositions, le mépris, les menaces? Nous voulons voir nos communautés grandir et nos contemporains venir à la foi, c’est merveilleux! Mais ne croyons pas que ce message sera toujours bien compris.
Vouloir le réveil, c’est entrer dans un combat, contre nous-mêmes d’abord: notre propre confort, notre volonté de «ne pas avoir d’histoires», notre timidité, notre peur des sarcasmes.
Quand pour la dernière fois avons-nous entendu une prédication sur cette parole de l’apôtre Paul: «Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés» (2 Tim. 3, 12)? Vouloir vraiment le réveil, c’est aussi accepter d’être en butte aux immobilismes de nos institutions.

2. L’impératif de la justice sociale
Un des reproches que l’on entend souvent est que le réveil est un mouvement spirituel qui se désintéresse de l’action sociale. Or c’est à une double conversion que le réveil doit nous appeler. L’accent mis essentiellement sur l’aspect qu’on pourrait appeler «vertical», celui de la rencontre avec Dieu, doit être suivi de l’élément «horizontal», c’est-à-dire la rencontre avec son prochain.

Pourquoi Adolphe Monod, qu’on a surnommé «la voix du Réveil», a-t-il été destitué? Essentiellement pour sa prédication sociale! Pasteur à Lyon, voici comment il interpellait ses paroissiens, dont beaucoup étaient des industriels et des membres de la bonne société protestante: «Avez-vous, dans vos manufactures, abusé des besoins du pauvre et de la faiblesse de l’enfance pour les charger d’un travail excessif qui les fait végéter, languir, pâlir et mourir lentement au profit de votre bien-être et de votre orgueil? Avez-vous dissipé en plaisirs des biens qui pouvaient libérer un prisonnier, guérir un malade, repaître un affamé dont les cris de détresse montaient au Ciel en même temps que le bruit de vos danses et de vos concerts?»

Y a-t-il aujourd’hui beaucoup de prédicateurs, lesquels ont la réputation d’être «sociaux» ou «de gauche», à oser prêcher ainsi?
(...)
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Illustration/Photo: © Ixène
 

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