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Résistance marginale face à la marchandisation du vivant de la prospérité?

Résistance marginale face à la marchandisation du vivant de la prospérité?
 
20.02.17 - Septième épisode d’une série d’articles sur les enjeux du protestantisme évangélique à l’échelle de la francophonie.
Une contribution de l’historien Sébastien Fath.
Un des non-dits les plus flagrants de nos sociétés occidentales contemporaines tient dans cette contradiction: d’un côté, les droits de l’homme sont plus que jamais proclamés: «Tous les hommes naissent libres et égaux en droit.» De l’autre, la société de consommation multiplie les hiérarchies implicites ou explicites entre les individus et les êtres. L’égalité de droit et de dignité est loin d’être atteinte, même dans les pays francophones les plus riches, comme la Suisse, la France ou la Belgique.

Tarifications du corps humain
Aux yeux de la société, la vie d’un élu populaire, d’un entrepreneur prospère, d’une chanteuse à succès valent dix, cent, mille fois plus que celle du SDF qui mendie, chaque soir, à la sortie du métro. Par extension, même les parties du corps deviennent monnayables. D’un individu à l’autre, elles voient leur valeur fluctuer. Une mère porteuse qui loue son ventre au Bangladesh vaut davantage qu’une ouvrière textile. Quant aux centaines de milliers d’Indiennes qui vendent leurs cheveux pour nourrir le marché mondial des perruques et extensions, elles monnaient, faute de perspective plus lucrative, leur propre beauté. Et que dire des trafics ou ventes d’organes dans de nombreux pays en développement? En Iran, un rein se négocie 3000 euros, soit un an et demi de salaire minimum.
De quoi décider bien des jeunes adultes, pourtant bien portants, à se défaire d’un de leurs organes.
«Money money money», chantait déjà le groupe ABBA dans les années 1970... Quant au règne animal et végétal, cela fait bien longtemps que la loi du profit maximum hiérarchise les espèces, voire les semences. La multinationale Monsanto s’est ainsi spécialisée dans les lucratives semences brevetées, ainsi que les OGM, au risque de se voir poursuivie (comme en Inde) pour «biopiraterie». Breveter le vivant, pourquoi pas? Le principe même de l’économie de marché repose sur la loi de l’offre et de la demande. Rien de mal à cela!

Une machine qui s’emballe
Le problème est qu’aujourd’hui la machine s’emballe. On ne sait plus où placer le curseur. En biologie, dans les médias, le commerce et le loisir, une marchandisation du vivant tous azimuts s’opère au grand jour. La valeur sociale d’un être, d’un corps, voire d’un organe - ou même de cellules - se mesure à ce qu’il peut rapporter. Personne n’osera l’admettre, mais tout le monde le pense. Tout le monde, vraiment?
(...)
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