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«Réjouissons-nous de la fin de la chrétienté»

«Réjouissons-nous de la fin de la chrétienté»
 
22.12.14 - Auteur de «Radicalement chrétien» (éd. Excelsis), Stuart Murray, spécialiste britannique de l’implantation d’Eglises, juge que les chrétiens doivent prendre conscience d’une nouvelle ère et s’adapter. Entretien.
Vous célébrez la fin de la chrétienté. Expliquez-nous pourquoi.
Soyons lucides, le christianisme est devenu minoritaire dans nos sociétés occidentales, qui se sont même toutes affranchies de la chrétienté. Le pouvoir n’appartient plus à une Eglise; il n’est même plus partagé entre le politique et l’Eglise comme par le passé.
Du coup, nos communautés jouissent d’une nouvelle liberté pour être vraiment l’Eglise. Cela change beaucoup de choses, à commencer par le fait que seuls viennent désormais aux célébrations ceux qui le veulent, le choisissent librement. Fini cette époque lors de laquelle, par obligation sociale, on était attendu le dimanche au culte ou à la messe.

Cependant, cette «relégation» dans le camp des minorités n’est pas sans enjeu...
.

En effet, la tentation est grande, pour les Eglises, d’entrer dans un ghetto, de se terrer dans le silence face aux changements de société. Autre tentation, parler comme si nous étions les gardiens de la morale, sur le même ton que lorsque la chrétienté détenait ou partageait le pouvoir.
Notre défi consiste à trouver une nouvelle façon de nous exprimer dans la société. Nous formons aujourd’hui une minorité prophétique, sans pouvoir, sans droit de nous imposer. Néanmoins, à l’instar de toutes les minorités, nous avons le droit d’offrir nos perspectives et de prendre part au débat public. La grande différence entre le passé et le présent, c’est que notre ton doit changer.

En 2013, la protestation contre le mariage homosexuel a mobilisé de nombreux chrétiens en France. Mais les élites ont au mieux ignoré et au pire critiqué «les conservateurs». D’après vous, l’Eglise, en tant que minorité, devrait-elle faire profil bas?
La protestation dans les rues n’est pas toujours une mauvaise chose. Mais nous devons réfléchir à la façon de la vivre. Faire cause commune avec d’autres groupes (notamment avec des groupes musulmans pour les questions morales) nous donne l’occasion de témoigner et de travailler ensemble. Nous ne serons pas toujours d’accord.
(...)
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