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Récidivistes: entre pardon et responsabilité

Récidivistes: entre  pardon et responsabilité
 
21.10.13 - Les récents meurtres de deux jeunes femmes par des récidivistes en réinsertion posent des questions de fond: faut-il encore laisser une chance à de telles personnes? Analyse
«C’est profondément injuste. Je me révolte d’une telle situation». Les mots d’Agnès Wahli, aumônier de l’Armée du Salut à la prison de Champ-Dollon (Genève), retranscrivent l’indignation de la population face aux deux meurtres commis en Suisse romande par des criminels auxquels on avait laissé une chance de se réinsérer. Les victimes: Marie, 19 ans, assassinée en mai, et Adeline, une socio-thérapeute tuée en septembre.
Face à de telles situations, l’opinion publique hurle au scandale: «Qu’on les enferme tous!». Une réaction exagérée, pour Agnès Wahli. Elle regrette que, face à la pression, «la réponse politique se résume à punir tout le monde de façon unilatérale», alors que chaque cas est unique et nécessite un suivi et une décision appropriés. D’un extrême à l’autre, difficile de se faire un avis. Un jour, on pense: «Qu’ils ne sortent plus!». Le suivant, on nous martèle les 7000 réinsertions réussies.
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Définir la nature du problème
Pour ceux qui ont passé la porte de sortie sans faire leurs preuves, l’ampleur des crimes est sans cesse relativisée: «Le risque zéro n’existe pas». C’est bien le nœud du problème: sur quels critères juger si un individu est capable d’être réinséré ou non? Pour Agnès Wahli, également spécialisée en psychiatrie, il s’agit avant tout de différencier la nature du problème: est-il d’origine psychotique ou psychopathe? Dans le premier cas, qui inclut la schizophrénie ou la bipolarité, un traitement existe. Dans le second, «nous ne pouvons pas déterminer s’il est réinsérable ou non». Et là, autant Agnès Wahli que Manon Jendly, criminologue et enseignante à l’Université de Lausanne, prônent la transversalité: une meilleure communication entre les différents acteurs en relation avec le détenu en thérapie: psychiatres, médecins, psychologues, assistants sociaux, éducateurs...
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30.10.13 00:50
Martin
Attachez votre chien pendant 15 ans à une chaîne dans un local obscur et espérez qu'en le relâchant il va se conduire avec bienveillance envers votre facteur... c'est aussi absurde que de mettre un homme en prison sans vous occuper de lui, sans l'accompagner pendant sa détention et après sa sortie. Imaginer que la prison efface miraculeusement et par le fait de l'isolation les travers, les perversités voire les maladie mentales est peut être ce que pensent les législateurs qui ne mettent pas de moyen sérieux humains, financiers, sociaux et de soins à l'intérieur des prisons. C'est un non-sens total. La révolte contre les récidivistes est compréhensible, mais la révolte devrait aussi s'adresser à la justice qui ne fait que déplacer des criminels sans (ré) éducation ni soins, ni suivis. Sans suivi, sans accompagnement, personne ne saura, ni n'aura jamais l'occasion de mesurer l'insécabilité de quelqu'un.
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