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Recherche de soutiens: le concours d’entrée des missionnaires

Recherche de soutiens: le concours d’entrée des missionnaires
 
22.06.20 - Il y a de fortes probabilités pour qu’une personne de votre cercle de connaissances vous ait déjà sollicité pour la soutenir financièrement alors qu’elle s’apprêtait à rejoindre une œuvre chrétienne. Un grand nombre d’entre elles a en effet adopté ce fonctionnement qui met activement à contribution leurs équipiers. Témoignages.
Plus que des donateurs
La recherche de soutiens consiste, pour un équipier d’une œuvre chrétienne, à s’entourer d’un réseau de partenaires qui pourront l’aider à accomplir son ministère, que ce soit en lui donnant régulièrement de l’argent ou en priant pour lui. Le directeur de Jeunesse pour Christ (JPC), Patrick Nussbaumer, tient à cette double dimension. «L’enjeu n’est pas seulement financier», explique-t-il, bien que ce soit souvent l’aspect sur lequel les projecteurs sont braqués. En apportant leur contribution à un individu, les partenaires financiers participent aussi, plus largement et à leur façon, au développement de la mission dans laquelle celui-ci travaille. «Tous ne peuvent pas venir sur les campus comme moi mais ils contribuent, en me soutenant, à ce que quelqu’un d’autre le fasse», confie Pierre Stefanini, coordinateur local des GBEU dans les cantons de Vaud, Valais et Fribourg.

Modèles bibliques
Assez régulièrement, les personnes engagées dans la recherche de partenaires financiers se voient assimilées à des mendiants. Elles doivent alors déconstruire certaines idées reçues. Elles puisent la grande partie de leur argumentation dans la Bible. En charge de la formation de leaders en Afrique francophone, Alain Soudrain distingue trois modèles: «Il y a Moïse qui annonce clairement ce dont il a besoin pour construire le tabernacle. Jésus, lui, a un groupe de soutien, en particulier des femmes.
Enfin, l’apôtre Paul, qui est multifonctionnel, reprend son métier quand c’est nécessaire et demande la participation financière des communautés qu’il sert, à d’autres moments.» Il ne semble donc pas y avoir de modèle unique et les équipiers d’œuvres chrétiennes ne demandent pas l’aumône. «On ne peut pas être rémunéré par notre société; il faut donc trouver une autre source de revenus», défend Pierre Stefanini. De son côté, Alain Soudrain recourt à une image du monde de l’entreprise: «On vend tout simplement des services à des personnes qui ne peuvent pas payer.»

Inégaux face au défi
Se constituer un cercle de donateurs n’est pas forcément chose simple. Tous ne sont pas égaux devant ce défi. «Etre à l’aise dans les relations rend la chose plus facile», souligne Alain Soudrain. Le carnet d’adresses compte pour beaucoup également, comme l’indique Patrick Nussbaumer: «Une personne venue récemment à la foi ou dont le cercle de connaissances n’appartient pas au monde des Eglises aura plus de peine à trouver des donateurs.»
Missionnaire avec la SIM depuis près de quarante ans, Alain Soudrain a connu différentes périodes au cours de son propre ministère. Ses rentrées ont pu fluctuer au point qu’il lui est arrivé de songer même à jeter l’éponge. «Ce n’était plus viable», confesse-t-il.
Certaines œuvres garantissent le salaire de leurs envoyés, au moins pendant un certain temps. A la SIM, par exemple, le niveau de salaire est maintenu sur une année. Le soutien reçu par le missionnaire est lissé. Si au bout de l'année, il reste insuffisant, le missionnaire devra peut-être rentrer au pays pour lever de nouveaux fonds. Et pas toutes les œuvres ne garantissent de salaire. Un tel fonctionnement peut ainsi rebuter des prétendants à la mission. Patrick Nussbaumer reconnaît en effet que l’obstacle était trop haut pour certains.

L’accompagnement de la structure
Certaines associations laissent leurs équipiers se débrouiller mais la plupart prennent la peine de les accompagner dans leurs démarchages. En Suisse, les GBEU consacrent une journée d’équipe chaque année à la question de la levée de fonds. Un intervenant extérieur peut être invité pour stimuler la réflexion. «Généralement, la matinée est consacrée à des apports théoriques et l’après-midi à la mise en pratique», détaille Pierre Stefanini.
De son côté, JPC France a adapté le programme Momentum. Il s’agit d’un cursus que l’équipier suit au moment de son embauche pour lui permettre de mieux comprendre la recherche de soutiens. Un responsable de l’association écrit également une lettre de recommandation que le nouvel arrivant pourra distribuer à son entourage. «Nous voulons les accompagner dans une démarche difficile, surtout en France», explique Patrick Nussbaumer.

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