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Quelle place pour les illégaux dans nos Eglises?

Quelle place pour les illégaux dans nos Eglises?
 
22.02.16 - Face aux sans-papiers, les Eglises se retrouvent en situation fort délicate, entre devoir de soumission aux autorités et mission d’aide au prochain.
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Rien qu’à Genève, environ 10 000 personnes sont sans-papiers. Parmi elles, certaines font partie d’une Eglise. Légalement, ces personnes n’ont pas le droit de rester sur le territoire suisse. Les pasteurs sont-ils autorisés à les accueillir dans l’Eglise? Cela ne revient-il pas à les conforter dans leur situation illégale? La question a été posée à deux pasteurs de Genève: Andy Fuhrer de l’Armée du Salut et Walter Zanzen de l’Eglise évangélique du Réveil. Dans la première, plus de la moitié des personnes se révèlent en situation irrégulière. Quant à la deuxième, située près de la gare, elle brasse inévitablement un grand nombre d’étrangers illégaux.

Légalisme ou justice?
«La question de l’illégalité n’est pas une question pour nous.
Nous ne mettons pas de conditions à notre accueil»
, lâche Andy Fuhrer. Et l’officier salutiste d’ajouter à brûle-pourpoint: «Parfois ce qui est légal n’est pas tout à fait juste, et d’autres fois ce qui est juste n’est pas légal...». Pour illustrer son propos, il nous cite l’exemple d’un transsexuel accueilli dans une de leurs structures: «Aux yeux de la loi, cette personne qui s’est fait opérer est tout à fait en règle. Or d’un point de vue chrétien, elle reste tout à fait hors-norme». L’homme de Dieu se réjouit cependant d’avoir pu transmettre à cet être en grande souffrance le message de l’amour inconditionnel de Jésus. «L’Eglise est là pour accueillir les perdus, et pas seulement la copie conforme du bon chrétien. Après, seulement, pourra venir le temps de la sanctification.»
Sur la question des sans-papiers, Andy Fuhrer rappelle que malheureusement, «on a rarement le choix entre le bien et le mal, mais plutôt entre le mauvais et le encore pire...». Ainsi, lorsqu’un de ses fidèles en situation irrégulière trouve un travail au noir, il ne peut que s’en réjouir: «Sur le principe, je suis évidemment opposé au travail au noir. Or les sans-papiers se retrouvent coincés dans leur situation, car le marché du travail normal leur est fermé. Dans ces situations, un travail au noir est donc toujours préférable à rien». Ou à d’autres pratiques qui pourraient s’avérer davantage immorales.
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