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Quelle liberté pour les prédications?

Quelle liberté pour les prédications?
 
24.10.16 - La campagne «Libre de le dire à l’Église» rappelle aux chrétiens qu’ils ont le droit de tout dire dans le cadre du culte et de l’évangélisation. Tout, vraiment? N’existe-t-il pas des risques de finir devant les juges pour des propos perçus comme choquants? Analyse.
Risque-t-on bientôt de retrouver des pasteurs en prison parce qu’ils ont tenu des propos homophobes, créationnistes ou encore critiques envers les autorités? Dans l’absolu, les chrétiens sont-ils libres de tout dire dans le cadre de la vie d’Église? Ces questions se posent, à l’heure où le politiquement correct s’en prend à certaines prises de position, jugées intolérables par les élites.
Pour y répondre, le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) a publié la brochure Libre de le dire à l’Église: elle rappelle aux chrétiens les fondements législatifs sur lesquels ils peuvent s’appuyer lorsqu’ils prennent la parole à l’Église, mentionnent certaines exceptions et donnent des conseils pratiques aux prédicateurs.
Globalement, le CNEF se veut optimiste: «Le droit est du côté des libertés», soutient Nancy Lefèvre, juriste au sein de sa commission juridique. La brochure rappelle que les grands textes de loi internationaux, français et suisses également, considèrent tous la liberté de pensée, de conscience, de religion et d’expression comme fondamentale.

Pas de délit d’opinion
Une ouverture dont profite particulièrement L’Église: «Elle est le fruit par excellence de l’exercice de la liberté de conscience des individus, qui la rejoignent par un choix éclairé. Ce n’est possible que parce que la foi chrétienne a pu être exprimée au même titre que d’autres convictions ou idées.» L’Église est ainsi libre d’établir sa confession de foi: «Il n’existe pas de délit d’opinion, et la doctrine chrétienne ne peut pas souffrir d’interdiction sur ses thèses en soi.»
L’Église est aussi libre d’exprimer en son sein et autour d’elle ces idées-là, «y compris lorsqu’elles choquent ou sont impopulaires», précise Michael Mutzner, secrétaire général adjoint du Réseau évangélique suisse (RES).


Des procès d’intimidation
Est-ce à dire qu’un pasteur peut appeler ses fidèles à faire barrage à une assistance au suicide ou à un avortement? La loi établit certaines limites à la liberté d’expression: celle-ci ne doit pas troubler l’ordre ou la santé publics, nuire aux libertés d’autrui ou mettre en péril la santé ou la morale publiques. Le prédicateur est ainsi responsable de ses paroles ou écrits, et de leurs conséquences.
Où donc est la limite? Prenons un cas sensible: un prédicateur peut-il tout dire sur les sujets éthiques les plus délicats, sans risquer de se retrouver devant les tribunaux? L’évêque de Coire en a fait les frais: ses propos sur l’homosexualité, dont il rappelait qu’elle était punie de mort dans l’Ancien Testament, ont suscité la colère des lobbys gays, qui ont porté plainte. Le risque existe toujours que des personnes qui s’estiment lésées par certains propos portent plainte, remarque la publication.
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