L'article

Quatre pistes pour résister à la société du spectacle

Quatre pistes pour résister à la société du spectacle
 
20.03.17 - Huitième épisode d’une série sur les enjeux du protestantisme évangélique à l’échelle de la francophonie.
Une contribution de l’historien du CNRS Sébastien Fath.
Il y a cinquante ans paraissait La société du spectacle (1967) de Guy Debord. Ce livre analysait une dérive naissante: celle de la mise en spectacle du monde, à des fins de profit et de «fétichisme de la marchandise» (Marx). Un demi-siècle plus tard, bien des tendances pointées se sont accentuées. Via des images omniprésentes, les consommateurs sont priés d’avoir les dents blanches, une allure jeune, une ligne svelte et des vêtements de marque.
Cette pression conformiste a de bons côtés. Elle crée de l’emploi, nourrit l’émulation, fait rêver. Mais elle engendre aussi une souffrance sociale considérable, en particulier chez celles et ceux qui ne ressembleront jamais, de près ou de loin, à Angelina Jolie ou à Brad Pitt. La pression de l’apparence et du spectacle du «moi» laissent beaucoup de monde sur le carreau, y compris en matière de relations amoureuses, comme le pointe Michel Houellebecq: «Tout comme le libéralisme économique sans frein et pour des raisons analogues, le libéralisme sexuel produit des phénomènes de paupérisation absolue» (in Extension du domaine de la lutte, 1997). D’où l’importance d’une vigilance spirituelle, invitée à rappeler l’égale dignité et valeur de chacune et chacun devant le Créateur.

La conformité aux canons
Au sein du vaste monde évangélique, les Églises ne sont pas immunisées contre les conditionnements de la publicité et des médias dominants.
En témoigne parmi d’autres ce souvenir personnel de terrain, issu de l’observation en 2006 d’un culte de louange conçu pour la jeunesse, dans la megachurch de Willow Creek, en banlieue de Chicago. Sur l’avant-scène, deux chanteuses étaient filmées. L’une était corpulente et blonde, l’autre brune, taille mannequin. La première chanteuse manifestait plus d’amplitude et de justesse vocales. Mais c’est l’autre qui apparaissait deux fois plus à l’écran, même si sa prestation vocale était en deçà. Tout se passe comme si la médiatisation de «la louange» souhaite mettre en avant une chanteuse svelte plutôt qu’une chanteuse bien en chair. Cette conformité aux canons a un prix.
On pourrait trouver bien d’autres exemples en Europe, ne serait-ce qu’en feuilletant certaines brochures d’œuvres évangéliques, où les photographies d’illustration manifestent une nette prédilection pour des modèles jeunes, minces et aisés.
Nous sommes tous marqués et parfois conditionnés par la «société du spectacle». Mais il existe des degrés. Les Églises disposent d’atouts pour résister au formatage.

Dieu regarde au cœur
Le premier atout est ce qui fait le cœur de l’Évangile.
(...)
Lire la suite Commander ce numéro S'abonner

Alliance Presse est un groupe de presse indépendant, spécialisé dans la presse chrétienne.

Pour accomplir sa mission d'information de façon professionnelle, Alliance Presse dépend de la générosité de celles et ceux qui apprécient ses magazines et ses sites internet.

Je manifeste mon soutien à Alliance Presse en ajoutant un don de
    
 
Une faute d'orthographe, une erreur ou un abus dans les réactions: signalez-le à la rédaction.


Pas de réactions pour l'instant: soyez le premier à réagir sur cette page.

Saisir votre réaction

Se connecter/S'inscrire pour réagir
 
Crédits
Illustration/Photo: ©
 

x