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Quand victime et condamné se rencontrent

Quand victime et condamné se rencontrent
 
25.06.18 - Pas une semaine sans un nouveau fait divers et un procès à fort retentissement. Qu’est-ce que la «justice restaurative» pourrait apporter de plus qu’un tribunal classique? Le point avec Janie Bugnion, médiatrice pénale.
Qu’est-ce que la justice restaurative?
C’est une justice qui cherche à restaurer les personnes dans leur dignité et leur humanité. Tout d’abord, la victime. Un processus restauratif peut l’aider à passer du statut d’objet, démuni et désécurisé, au statut de sujet qui redevient acteur de sa vie. Il peut amener l’auteur des faits, à qui la société a collé une étiquette stigmatisante de «monstre», à redevenir un être humain, capable de se responsabiliser, de présenter des excuses et, dans la mesure du possible, de réparer les torts causés.
Dans une perspective d’harmonie sociale, la justice restaurative vise aussi à retisser des liens entre victime et auteur, ainsi qu’avec leur environnement social. Par exemple, dans des cas de bagarre en milieu scolaire, une médiation peut restaurer les liens entre les enfants, entre les enfants et leurs parents et avoir également des effets positifs sur la communauté scolaire et la vie du quartier.

En quoi est-ce différent de la justice classique?
La justice classique établit une qualification juridique des faits, une correspondance entre les faits et des articles du code pénal, puis elle cherche des preuves pour parvenir à une décision sur la culpabilité ou l’innocence de l’auteur et, le cas échéant, fixer une peine. La victime, qui peut émettre des prétentions civiles, n’a pas voix au chapitre lors du procès pénal.
La justice classique cherche à punir l’auteur pour le trouble causé à l’ordre public.

Ces deux formes de justice sont-elles complémentaires?
Dans nos sociétés occidentales, il est inimaginable de vouloir remplacer la justice traditionnelle par la justice restaurative. Punir l’auteur répond à un besoin social. Mais la sanction, par exemple une peine de prison, n’amène pas le condamné à se responsabiliser par rapport aux répercussions de son acte.
La condamnation de l’auteur peut satisfaire le besoin de vengeance de la victime - ou de sa famille en cas de meurtre - mais n’apporte aucune réponse aux questions que celles-ci se posent sur le plan humain: «Pourquoi? Pourquoi moi?» La justice restaurative, elle, peut apporter des réponses à ces questions fondamentales.

Qu’existe-t-il en matière de justice restaurative en France et en Suisse aujourd’hui?
En France, la justice restaurative a été introduite dans le code de procédure pénale en 2014; la circulaire qui en définit les modalités d’application date de 2017. Elle est indépendante de la procédure pénale, qui suit son cours; elle peut s’appliquer aux délits graves et aux crimes.
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