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Promesse de liberté pour les chrétiens

Promesse de liberté pour les chrétiens
 
27.01.20 - Le président-dictateur Omar el-Bechir, prônant l’application stricte de la charia, a été destitué en avril 2019. Un an après le début de la contestation sociale, la minorité chrétienne constate déjà des améliorations dans un pays où la persécution reste extrême. Aperçu.

photo: Le culte de Noël dans l'église évangélique de Khartoum-Bahri.
Pour les chrétiens soudanais, c’est comme un rayon de soleil après un long et violent orage. Les quatre mois de contestation populaire sans précédent ont entraîné la destitution par l’armée d’Omar el-Bechir, arrivé au pouvoir en 1989 par un coup d’Etat. Ce dernier est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans le cadre de la guerre civile au Darfour. Depuis avril 2019, la situation s’améliore peu à peu pour les chrétiens devenus ultra-minoritaires (moins de 6%) depuis la sécession du Soudan du Sud en 2011. Dans ce nouveau pays, 60,5% des habitants sont de confession chrétienne. Cette séparation douloureuse avait entraîné une intensification de la persécution contre les chrétiens restés au Nord. Preuve du changement mis en œuvre par le gouvernement de transition, Noël est redevenu un jour férié pour l’ensemble des habitants.

Marche pour Jésus
«Nous avons pu organiser un grand événement dans les rues, chanter des cantiques de Noël à la gloire de Dieu et nous réjouir ensemble, y compris avec les musulmans», s’enthousiasme Hafez Facha, pasteur de l’Eglise évangélique de Bahri, en banlieue nord de Khartoum. Vêtus de T-shirts «J’aime Jésus» ou de robes traditionnelles, plusieurs centaines de chrétiens soudanais ont participé le 23 décembre à cette Marche pour Jésus, interdite sous l’ancien régime dès 2011. «Nous ressentons déjà un changement positif pour notre liberté de culte et d’expression de notre foi», poursuit le pasteur.
«Il faut que cela perdure. Notre pays a besoin de temps pour un vrai changement. J’ai besoin de voir les promesses faites se concrétiser dans la vie de tous les jours.»

Les excuses de hauts dignitaires
Ces promesses ont notamment été formulées par le ministre des Affaires religieuses du Soudan, Nasr al-Din Mufreh, lequel a assisté le 25 décembre au culte de Noël de l’Eglise évangélique de Bahri avec plusieurs hauts dirigeants du gouvernement de transition. «Je présente mes excuses pour l’oppression et les mauvais traitements infligés, la destruction de vos lieux de culte par le précédent gouvernement, le vol de vos propriétés, l’arrestation et les poursuites injustes de ceux qui vous servent, la confiscation de vos bâtiments», avait déclaré Nasr al-Din Mufreh lors d’une conférence de presse.
Au mois de novembre, il avait promis la restitution des propriétés confisquées aux chrétiens sous l’ancien régime. Il avait invité les Juifs expulsés à revenir au Soudan et avait également déclaré que les chrétiens et les personnes d’autres croyances que l’islam étaient libres de pratiquer leur foi dans le pays. Le jour de Noël, la chaîne de télévision gouvernementale diffusait les célébrations de Noël de plusieurs Eglises de Khartoum, dont celle de Bahri.
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