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Pourquoi ils vont se former dans des facultés libérales

Pourquoi ils vont se former dans des facultés libérales
 
18.11.19 - Les lieux de formation biblique et théologique évangéliques ne manquent pas. Pourtant, certains étudiants font le choix des académies universitaires en toute connaissance de cause. Enquête.
Si les évangéliques qui désirent se former aux sciences bibliques et à la théologie se rendent dans les écoles qui suivent leur ligne, il est néanmoins assez commun d’en trouver également dans les facultés officielles, rompues à la méthode historico-critique. Loin d’être anecdotiques, ces situations semblent être minoritaires en Suisse mais, paradoxalement, elles sont courantes en France.

Parité voire léger avantage aux évangéliques
Valérie Nicolet est maître de conférences et depuis peu doyenne à l’Institut Protestant de Théologie (IPT), faculté de Paris, l’organe de formation des ministres de l’EPUdF. Elle explique qu’«il n’est pas vraiment possible de donner des chiffres parce que leur affiliation ecclésiale n’est pas demandée aux étudiants.» Néanmoins, elle remarque qu’«il y a quand même, depuis quelques temps, parité entre étudiants de dénominations évangéliques et étudiants rattachés à l’EPUdF pour les cours en présentiel et peut-être même une petite majorité d’étudiants évangéliques.»
Professeur de théologie à Madagascar, Timothée Minard a effectué sa thèse à la faculté de théologie protestante de Strasbourg après un premier cycle à la FLTE. Il fait le même constat: «Dans mon groupe de recherche, il n’y avait qu’un ou deux luthéro-réformés. La plupart étaient évangéliques ou adventistes.»

Les multiples raisons qui peuvent pousser à s’exiler
Les cheminements sont divers d’un étudiant à l’autre. Williane Edel, cheffe de projet à l’Alliance Biblique Française, est rentrée à l’IPT pour son master il y a trois ans.
Originaire du Brésil, elle n’avait aucune idée de la ligne théologique de la faculté. «Dans mon pays, quand on parle de “réformé”, ça n’a pas la même signification» explique-t-elle.
Pasteur à l’Eglise La Fraternelle de Nyon (FREE), David Rossé a suivi l’ensemble de sa formation, bachelor et master, à la faculté de théologie de Genève. Son choix a été fait en connaissance de cause: «J’avais le désir de m’ouvrir au protestantisme au sens large.»
Quant à Timothée Minard, c’est pour effectuer un doctorat qu’il est allé dans une université critique. «Pour la recherche, on encourage à aller ailleurs et à se confronter à d’autres théologies. Si on reste dans son milieu, on n’est pas toujours remis en question.»
Chaque étudiant est différent et les raisons qui peuvent pousser un évangélique à «s’exiler» sont multiples. Certaines sont liées au statut particulier des universités luthéro-réformées dont les diplômes sont reconnus par l’Etat. Timothée Minard explique ainsi que «du fait de son appartenance à une université d’Etat, la fac’ de Strasbourg dispose de moyens importants, tant au niveau du nombre de professeurs qualifiés que des infrastructures.»
Valérie Nicolet relève qu’il peut aussi y avoir des motivations financières. «L’IPT est un peu moins cher et il y a des possibilités d’obtenir des bourses.
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