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Plume et compagne de lutte d’Asia Bibi

Plume et compagne de lutte d’Asia Bibi
 
23.03.20 - Correspondante de France 24 et rédactrice en chef à CNews, Anne-Isabelle Tollet s’est engagée corps et âme pour sauver Asia Bibi. Interview à l’occasion de la sortie d’«Enfin Libre» (Ed. du Rocher), co-écrit avec la Pakistanaise qui vit désormais en exil.
A l’époque, vous avez découvert la condamnation à mort d’Asia Bibi en lisant la presse pakistanaise.
Correspondante dans cette région, j’étais informée sur les questions de crimes d’honneur, mais je n’avais pas pris conscience que le blasphème pouvait signifier une condamnation à mort. Lorsque le gouverneur Taseer s’est engagé en faveur d’Asia Bibi, mes confrères et moi nous sommes intéressés à elle.
J’étais aussi amie avec le ministre des Minorités Shahbaz Bhatti. Après l’intervention de Benoît XVI en faveur d’Asia Bibi, qui a attiré l’attention médiatique, ce ministre catholique m’a dit: «J’ai besoin de toi pour faire connaître cette histoire à l’international, j’aimerais que tu enquêtes, que tu rencontres la famille.»

Comment en êtes-vous venue à co-écrire «Blasphème», le premier livre?
Ce qui m’a touchée, c’est que les membres de sa famille était considérés comme des parias. J’ai vu dans leurs yeux que je pouvais être une aide conséquente, si je pouvais faire un reportage. En rencontrant les villageois qui avaient accusé Asia, j’ai découvert une haine disproportionnée; leurs accusations ne tenaient pas la route. France 2 s’est intéressée à mon reportage, puis un éditeur parisien m’a demandé d’écrire un livre.

Les autorités pakistanaises ne voulaient pas que je m’ intéresse à ce cas: je n’ai donc pas été autorisée à rencontrer Asia dans sa prison. Son mari lui transmettait mes questions.

Votre engagement a dérangé. Avez-vous reçu des menaces?
En mars 2011, les autorités pénitentiaires m’ont informée que pour ma sécurité, il fallait arrêter mes démarches. Et j’ai su par les services secrets francais que j’étais la prochaine sur la liste après Salman Taseer et Shahbaz Bhatti. J’ai dû prévenir les autorités que je ne m’intéressais plus au sujet. A la veille de la sortie de Blasphème, ma famille et moi avons quitté le Pakistan. Cinq membres d’un parti religieux extrémiste sont venus demander à ma femme de ménage où j’étais!

Quel souvenir gardez-vous de Shahbaz Bhatti?
Il était prêt à mourir pour sa foi.
(...)
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