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Pasteurs sur les traces de leurs pères

Pasteurs sur les traces de leurs pères
 
18.05.20 - Spectateurs privilégiés de l’engagement de leurs parents, les enfants de pasteurs ont une longueur d’avance sur l’exercice du ministère quand ils choisissent d’emprunter la même voie. Rencontre avec quelques-uns de ces «fils de».

Photo: Passation symbolique du baton, au Gospel Center d’Oron-la-Ville, entre Werner Lehmann et son fils Nicolas
Avec de nombreuses réunions en soirée et des journées de travail le week-end, le ministère pastoral peut rapidement devenir prenant et empiéter sur la vie familiale. Les enfants de pasteurs qui le deviennent à leur tour sont bien conscients de cette dimension pour l’avoir expérimentée dans leur jeunesse. Elle a été en général bien vécue.
Pasteur depuis peu de la fédération baptiste à Morsang-sur-Orge (91), Benjamin Deroeux estime que son père a toujours mis sa famille en priorité, bien que très engagé. «Il avait pour habitude de dire que sa première Eglise, c’est sa famille», raconte-t-il.
De son côté, Timothée Le Gall, en formation dans les Assemblées de Dieu, relève que la relation d’aide avec le pasteur ne peut logiquement pas être la même du fait des liens familiaux. «Mon père était le pasteur mais aussi le responsable des jeunes. Même si tout se passe bien, ça reste forcément particulier.»
Pour Nicolas Lehmann, la situation était un peu différente en raison de la taille de l’Eglise, le Gospel Center d’Oron-la-Ville, en Suisse. «Mon père n’était pas seul.
Il y avait d’autres responsables dans l’Eglise avec lesquels échanger. C’est l’avantage de la collégialité.»

Pression sociale ressentie
Sans que ce soit toujours volontaire de leur part, l’attitude des membres de l’Eglise à l’égard des enfants de pasteurs leur fait souvent ressentir une certaine pression. «Quand tu deviens adolescent, on ne te le dit pas, mais tu sens qu’on attend de toi que tu sois exemplaire», témoigne Timothée Le Gall. «Pourtant, ce n’est pas parce que tu es enfant de pasteur que tu es parfait. On a tous nos propres combats.»
Parfois, cette pression sociale peut même venir de l’extérieur de l’Eglise et de personnes qui ne sont pas croyantes. Benjamin Deroeux en a fait un jour l’expérience. «Je me rappelle d’une professeure de primaire qui m’a fait une réflexion une fois après que j’avais commis une petite bêtise. Les gens pensent qu’on est des anges.» Fils de Werner Lehmann, responsable du mouvement Gospel Wave, Nicolas Lehmann a aussi fait ce constat.
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