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«Nous nous édifions à devenir davantage chrétiens»

«Nous nous édifions à devenir davantage chrétiens»
 
22.05.17 - L’Église catholique dispose d’un évêque et d’un collaborateur chargés de l’unité et des relations interconfessionnelles. Regards croisés entre le Père Emmanuel Gougaud (photo de gauche) et l’évêque auxiliaire de Bâle Denis Theurillat (photo de droite).

Dossier.
Comment les relations catholico-évangéliques ont-elles évolué ces dernières années ?
Emmanuel Gougaud: Ces relations évoluent très positivement ces dernières années. Évangéliques et catholiques se connaissaient mal. Ils avaient malheureusement des préjugés mutuellement négatifs. Beaucoup de caricatures et de polémiques circulaient.

Grâce aux groupes de prière du renouveau charismatique, ils ont pu faire l’expérience de la louange. Il est hautement significatif que la confession du nom de Jésus opère ce rapprochement. Jésus demande l’unité de ses disciples dans la prière à son Père. Dans la prière, notre unité naît et se développe.

Ces relations locales et concrètes ont permis l’établissement de rapports institutionnels entre le Conseil National des Évangéliques de France et la Conférence des évêques de France.
Le Groupe de conversations catholiques-évangéliques a reçu le mandat de développer un dialogue théologique sur le thème de l’évangélisation. Ses douze membres, six évangéliques et six catholiques, se rencontrent plusieurs fois par an. De 2001 à 2006, les membres ont travaillé à l’élaboration d’un document présentant les évangéliques aux catholiques. Après la célébration des dix ans du groupe en 2008, il a été décidé de travailler la question: Pouvons-nous évangéliser ensemble? Les travaux du Groupe de conversations vont bientôt être publiés sous forme d’un petit livre en coédition.

Quels éléments nouveaux ont permis une plus grande reconnaissance et collaboration?
Emmanuel Gougaud: En même temps que les assemblées de prière et le dialogue théologique, catholiques et évangéliques ont approfondi leur connaissance des autres Eglises et communautés chrétiennes. Ils ont compris la pertinence de l’œcuménisme. Nous avons compris que si l’autre chrétien ne parle pas comme nous, il ne s’oppose pas pour autant. Nos responsables nous ont invités à apprendre la langue de l’autre, c’est-à-dire de le comprendre et de l’aimer.

A contrario, catholiques et évangéliques sont aussi confrontés ensemble à la sécularisation, à l’indifférence religieuse, à des visions de l’homme ne respectant pas sa dignité.

Denis Theurillat: Le premier élément est nouveau sans l’être vraiment. Une réponse à l’Esprit Saint qui nous demande de faire marche ensemble. Lorsque je compare à dix, quinze ou vingt ans en arrière, nous étions beaucoup plus fermés les uns aux autres. C’est là une première lecture au niveau spirituel.

La seconde concerne notre société. Dans le monde actuel, un monde passionnant mais complexe, il est important que les chrétiens commencent à s’interpeller les uns les autres. Travaillons ensemble vers davantage d’unité, de sorte que notre témoignage puisse davantage porter dans la société.

Quelles sont d’après vous les promesses de ce rapprochement?
Emmanuel Gougaud: Elles sont tellement nombreuses! Il s’agit de s’édifier les uns les autres pour nous apprendre, réciproquement, sans quitter nos Églises respectives, à devenir davantage chrétiens. Le pape Jean-Paul II qualifiait les relations interconfessionnelles d’«échanges de dons». Il y a d’abord l’intensification de la relation au Christ à travers la lecture de la Bible et la prière de louange. Nous devons nous aider à rencontrer davantage le Christ et à oser croire en son action.

Il y a aussi l’importance de la vie fraternelle de la communauté chrétienne. Nous avons à progresser dans l’esprit fraternel donc aussi dans l’estime de l’autre. Les catholiques peuvent progresser dans la louange, la lecture de la Bible, la construction de communautés toujours plus fraternelles. Les évangéliques peuvent découvrir l’importance des ministères pour structurer les communautés et aussi, après la joie des commencements, la force de la persévérance.

Denis Theurillat: Je me méfie du terme «promesse». Car quand on promet une chose, il faut ensuite le réaliser. Dans le domaine de l’unité des chrétiens, on ne peut qu’essayer de se rapprocher et de vivre l’unité à laquelle le Christ nous appelle dans Jean 17, 11.

Est-ce que cette volonté a progressé dans l’ensemble de l’Église catholique?
Denis Theurillat: En Suisse, l’Église catholique est continuellement en lien avec les réformés et les Églises évangéliques. Je préside d’ailleurs la Communauté de travail des Églises chrétiennes en Suisse (CTEC).
(...)
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Illustration/Photo: © Ixène
 

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