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Mon prochain vit dans la maison d’en face

Mon prochain vit dans la maison d’en face
 
19.04.19 - La Fête des voisins célèbre vingt ans en mai. L’occasion d’oser enfin tisser des liens? Entretien avec Atanase Périfan.
En vingt ans, la Fête des voisins a rapproché les voisins de toute la francophonie et même au-delà. Atanase Périfan, conseiller municipal à Paris, explique sa vision.

Il y a vingt ans, vous avez lancé «Immeuble en fête - la Fête des voisins». Quel bilan tirez-vous de cette initiative?
C’est une merveilleuse aventure humaine qui a pris une ampleur considérable, dans quarante pays. C’est surtout des centaines de milliers de situations d’entraide, de solidarité, de meilleure connaissance. Cela a permis de voir le voisin autrement, pas seulement comme celui qui crée des nuisances, et qui le transforme même en ami. Dans toute l’Europe, il y a une souffrance relationnelle. On peut être seul même en couple ou avec plein d’amis sur Facebook. L’enjeu, et la Fête des voisins y répond, c’est comment réapprendre à tisser une qualité de relation avec l’autre.
Un autre enjeu est le suivant: comment transformer notre lieu d’habitation en lieu de solidarité et de partage?

En quoi les relations de voisinage sont-elles déterminantes?
Les lieux communautaires tendant à disparaître, la dimension collective en prend un coup. Du coup, on a tous intérêt à entretenir de bonnes relations, à faire de nos voisins des alliés: ma fille est malade et je dois aller travailler? Je demande à la grand-mère de palier de la garder. Et quand il fait froid et neige, je vais lui chercher ses médicaments. Notre société évolue dans la défiance, le repli sur soi. A cause des mauvaises nouvelles en continu, ce qui est naturel devient suspect. Pourtant il y a des gisements de générosité. Comme le Petit Prince et le renard, il faut s’apprivoiser peu à peu. Chacun de nous peut favoriser le vivre ensemble en disant bonjour, prenant des nouvelles, en proposant son aide, en étant attentionné, en organisant une fête.
C’est important pour la cohésion sociale. Dans nos pays, on a un bon système social, mais il y a moins d’argent. On ne peut pas mettre une assistante sociale derrière chaque personne âgée. Alors cette solidarité de proximité/de voisinage devient complémentaire à la solidarité institutionnelle, familiale ou associative. Ce sont des centaines de millions d’euros économisés quand des voisins s’occupent d’une dame âgée et lui permettent de rester chez elle plus longtemps.
(...)
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