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«Mon étude historique de Jésus m’a rapproché de lui»

«Mon étude historique de Jésus m’a rapproché de lui»
 
19.11.12 - L’historien Jean-Christian Petitfils a publié en 2011 un livre fort remarqué, «Jésus» (éd. Fayard), dans lequel il défend le Jésus historique et la valeur des Evangiles. En cette période de Noël, nous voulions l’interroger sur cet événement et ce qu’il représente pour lui. Cet article fait partie de notre GROS PLAN. Vous pouvez en consulter les autres textes sur ce site
Comment l’historien que vous êtes perçoit-il Jésus de Nazareth?
Jésus est un Juif pieux enraciné dans le monde culturel de son temps. C’est une donnée première de l’Histoire, trop souvent oubliée. On a fait de lui un être désincarné ou ayant revêtu une humanité abstraite, hors de son milieu, dominant le temps et l’espace, mystérieusement tombé comme un être céleste sur la terre. Il n’en est rien.
Pour autant, et c’est le second enseignement de l’Histoire, Jésus n’est pas un Juif ordinaire, pas plus qu’un sage ou un philosophe venu enseigner l’amour fraternel: cela, les maîtres pharisiens l’avaient déjà prôné avant lui, même s’ils ne poussaient pas le principe jusqu’à l’amour des ennemis. Le message de Jésus -le Royaume de Dieu, l’amour infini du Père, le pardon des péchés- est lié au messager, car il est lui-même le «royaume» qu’il annonce.

En quoi son message est-il donc révolutionnaire?
Ce message est très exigeant, puisqu’il intériorise la loi mosaïque. Jésus vise l’intention du cœur et la droiture des consciences.
D’où, par exemple, le durcissement de la morale sur l’interdiction des serments ou celle faite à l’homme de répudier sa femme.
Mais ce qui surprend le plus l’historien, c’est l’autorité inouïe avec laquelle il parle: «Moïse vous a dit de faire ceci, moi je vous dis de faire cela». Qui est ce «moi»? Le petit artisan de Nazareth? Comment ne pas percevoir le mystère de sa personne? Il appelle son Père «Abba», mot affectueux qu’on ne trouve nulle part dans la prière juive, et il marque sa distance vis-à-vis de ses disciples: il dit «mon Père», jamais «notre Père», sinon pour leur enseigner la prière qu’ils devront réciter. Plus étonnant encore, il pardonne les péchés, ce que seul Dieu peut faire.
Mal à l’aise avec l’étiquette de Messie, car les Juifs attendaient un Sauveur guerrier qui chasserait les Romains, il préfère utiliser la figure du «Fils de l’homme», qui renvoie à Daniel 7. Ce faisant, il creuse encore plus le mystère de sa personne, car le «Fils de l’homme» est une figure infiniment plus grande qu’un messie temporel: c’est un personnage mi-humain, mi-céleste, qui doit revenir à la fin des temps pour juger les hommes. Or, tantôt Jésus y fait référence comme à quelqu’un d’extérieur à lui-même, tantôt il s’identifie pleinement à lui.
(...)
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