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Maître animal sur un trône perché, le monde à ses pieds

Maître animal sur un trône perché, le monde à ses pieds
 
18.12.17 - Défendu de plus en plus farouchement par le véganisme ou encore l’antispécisme, l’animal se voit siéger sur un trône qui ne lui revient pas forcément, si l’on se réfère à la Bible. L’amour que l’on porte à l’animal est légitime tant qu’il n’est pas extrême. Parti pris.
Qui n’a pas chez lui, au moins pour faire plaisir à ses enfants, un chien, un cochon d’Inde, un poisson rouge ou une perruche?
On veut aller nager avec les dauphins, on s’extasie devant la naissance d’un panda au zoo; on peut reconnaître un peu de l’amour de Dieu pour sa création, dans l’engouement des hommes pour les animaux et ce, à juste titre. De Ge. 1, 25 à Ps. 145, 9 en passant par Mat. 10, 29, «la compassion de Dieu est sur toutes ses œuvres».
Les humains et les animaux sont destinés à vivre ensemble. Ge. 1, 28 fait de l’homme l’intendant du monde vivant, Ge. 2 le pousse aux sciences naturelles et Ge.
3 à l’agriculture. Mais c’est avec Noé que la Bible va le plus loin, Noé, l’archétype du protecteur des espèces sauvages ou domestiques et de la biodiversité. Amour et respect de l’animal sous-tendent les prescriptions du Pentateuque et des Proverbes. Le bien-être animal est évoqué dans les dix commandements et dans Prov. 12, 10.

Une relation hiérarchique
Mais malgré notre attachement, il faut conserver une attitude équilibrée vis-à-vis des animaux. Ne pas les idéaliser, ne pas les idolâtrer. Jésus, dans Mat. 10, 31 nous rappelle qu’il existe une hiérarchie de valeurs et que l’animal n’est pas au sommet. L’histoire de l’humanité nous montre que des peuples ont dérivé dans des systèmes religieux absurdes en mettant les animaux sur un piédestal.

Animaux imparfaits
Les animaux ont leur caractère et leurs défauts, comme les hommes. Les sciences du comportement nous ont clairement révélé que les animaux sont capables de jalousie, de dissimulation, de convoitise, d’addictions et de rancune.
Quant à la violence, elle est un partenaire du quotidien animal pour défendre ses petits, le clan et le territoire, pour chasser, pour dominer ses congénères et obtenir le droit de se reproduire, pour faire sa place dans la hiérarchie du troupeau. Nous sommes à mi-chemin entre la chute et la nouvelle création. Nos gestes d’amour et d’espérance font évoluer les choses sans pouvoir exclure, pour l’instant, toutes les contraintes du contexte naturel. Nous vivons dans un monde où la mort animale (tout comme la mort humaine) est une réalité que l’on peut tenter d’adoucir sans jamais parvenir à l’éliminer.

Nature en suffisance
On peut très bien comprendre les scrupules de ceux qui limitent leur consommation de viande en emboîtant le pas du prophète Esaïe dans sa vision (Es.11). L’agriculture et l’alimentation végétariennes permettent de ne pas tuer une partie des vaches ou des cochons destinés à la consommation de viande. Mais il ne faut pas cacher que la production végétarienne fait appel à une destruction massive d’animaux ennemis des cultures. Un champ de blé ou de carottes, un verger de pommiers ne produiront de bons résultats que si l’on détruit efficacement la mouche de la carotte, le carpocapse de la pomme et les multiples rongeurs amateurs de grains.
Nous vivons dans une société urbaine coupée de ses racines biologiques et rurales à qui l’on sert tous les jours le mythe d’une nature paradisiaque: il suffirait d’être en harmonie avec elle pour que celle-ci nous dispense sa générosité et nous nourrisse. Quel aveuglement bien loin de l’avertissement de Gen. 3, 18-19!

Véganisme et antispécisme
Le végétarisme n’en reste pas moins respectable. On ne peut pas en dire autant de philosophies comme l’antispécisme. Ce dernier ne reconnaît pas la supériorité de l’espèce humaine. Il faudra qu’il en parle à mon chien qui a organisé hiérarchiquement notre clan familial en me mettant au sommet, ce qui semble le satisfaire. Pourtant, il sait réclamer et je me laisse faire (exploiter) car comme au bœuf de Deut. 25, 4, je reconnais qu’il a des droits.

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