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Luc Ferry: «On mésestime tout ce qu’on doit à la Bible»

Luc Ferry: «On mésestime tout ce qu’on doit à la Bible»
 
17.06.09 - Grand admirateur de la Bible qui a façonné l’Occident, français Luc Ferry en fait une lecture et une adaptation toute laïque. Ancien professeur et ministre, le philosophe athée (58 ans) a signé ce printemps deux ouvrages en coédition, «La tentation du christianisme» et «Quel avenir pour le christianisme?»
La Bible est un très vieil ouvrage. Quelle influence cette collection de textes exerce-t-elle sur notre culture, notre civilisation et la pensée contemporaine?
En vérité, cette influence est gigantesque, infiniment plus grande qu’on ne l’imagine d’ordinaire. Pas seulement parce qu’il y a encore deux milliards de chrétiens dans le monde, mais surtout parce que toute une partie de notre culture y est attachée. Sans même que nous en prenions conscience, il est impossible de visiter un musée, de lire un ouvrage d’histoire ou plus simplement encore de comprendre notre calendrier sans considérer la Bible.

Vous dites de vous-mêmes que vous n’êtes plus chrétien. Mais vous avez aussi dit, par exemple lors de votre conférence à l’occasion des 150 ans de la basilique Sainte-Clotilde, que si vous deviez emporter un livre sur une île déserte, ce serait la Bible. Pourquoi ce livre?
Plus précisément encore, je parlais de l’Evangile de Jean, qui me semble le texte le plus profond et le plus marquant du Nouveau Testament. Sur le plan moral, bien que nos sociétés européennes soient laïques et qu’elles comprennent beaucoup d’athées, les Evangiles restent une espèce de charte indépassable.

Souvenez-vous, pour vous donner un exemple concret de cette influence colossale, de la «Parabole des talents». Un maître confie à ses trois serviteurs, avant de partir en voyage, une somme d’argent. Il donne cinq talents au premier, deux au second et un seul au dernier. A son retour, les deux premiers lui rendent dix et quatre talents. Il les félicite à égalité. Mais le dernier n’en restitue qu’un seul. Au lieu de le faire fructifier, il l’a enterré par peur du maître... qui le chasse!
Cette parabole d’apparence anodine représente en réalité une véritable révolution. Elle fonde tout l’humanisme moderne. Elle signifie que la valeur morale d’un être ne dépend pas des dons naturels qu’il a reçus au départ, mais de ce qu’il en fait; pas de la nature mais de la liberté.

Quel intérêt, dans une société qui a rompu avec le christianisme, de s’intéresser à la Bible?
Eh bien, continuons à développer le même exemple.
(...)
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