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Les «thérapies de conversion» en sursis

Les «thérapies de conversion» en sursis
 
19.08.19 - Plusieurs organismes chrétiens et Eglises proposant un suivi aux personnes en cheminement sur leur identité sexuelle craignent pour leur liberté.
Une année après que le Parlement européen s’est prononcé contre les «thérapies de conversion», les pays leur emboîtent le pas. La France comme l’Allemagne envisagent une interdiction. Dans l’Hexagone, la députée Laurence Vanceunebrock-Mialon planche sur un projet de loi; début juillet, cette dernière se réjouissait de l’ouverture de «la mission d’information sur les pratiques prétendant modifier l’orientation sexuelle d’une personne». En Allemagne, le dossier devrait être débattu au Bundestag avant la fin de l’année.
En Suisse, deux parlementaires ont déposé une motion pour interdire ces fameuses thérapies chez les mineurs.

Bien définir ce qu’on veut interdire
Pour Nancy Lefèvre, de la Commission juridique du CNEF, l’enjeu de la proposition de loi réside dans la définition de ce qui sera interdit. «Le terme de thérapie de conversion n’est pas une notion juridique. Avant d’interdire une pratique par la loi, il faudra la définir précisément afin qu’elle vise des actes que les victimes, la police et la justice peuvent identifier comme pénalement condamnables», déclare la juriste. Or pour son projet de loi, Laurence Vanceunebrock-Mialon a retenu la définition suivante: «Pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre et ayant pour effet l’altération de la santé mentale ou physique», tout en regrettant que la législation soit démunie face aux «thérapies qui prônent la chasteté».

Le droit actuel suffit
Selon Nancy Lefèvre, le droit actuel est déjà suffisant pour sanctionner les faits en question. A ses yeux, «proposer une nouvelle loi sur ce sujet, avec un nouveau délit à la clé, spécifiquement prévu pour le changement forcé de l’orientation sexuelle est de la “surenchère” juridique visant un effet médiatique et politique». Pour appréhender légalement le phénomène des thérapies de conversion, la commission juridique du CNEF préconise l’usage de délits de droit commun (violences, exercice illégal de la médecine, abus de faiblesse, etc.), éventuellement avec une circonstance aggravante liée à l’orientation sexuelle, plutôt que d’entrer dans l’inflation législative.

La même liberté d’évoluer que revendiquent les LGBT+
Si la loi était adoptée, qu’en serait-il de la liberté d’une personne en proie à un mal-être identitaire de solliciter une aide extérieure?
(...)
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Polémique sur les réseaux

Mi-juin, Amazon a annoncé sa décision de retirer une série de livres écrits par des ex-homosexuels, notamment ceux d’Anne Paulk, de Joe Dallas et du psychologue catholique Joseph Nicolosi, auteur d’un programme de réorientation présenté comme une de ces «thérapies de conversion» potentiellement dangereuses. Un comité d’étude issu du Parti Républicain américain ou un collectif d’anciens homosexuels s’efforcent depuis d’obtenir que la plus grande librairie du monde fasse machine arrière.
L’an dernier, Facebook avait supprimé des publicités en faveur de programmes de réorientation. Elles apparaissaient sur les pages d’internautes homosexuels, à cause des algorithmes de publicités ciblées. Ils s’étaient plaints aux modérateurs.
 

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