L'édito de la Rédaction

Les non-atteints d’ici

 
20.12.18 - L'édito de la Rédaction - Lors de l’assemblée plénière du Conseil national des évangéliques de France (CNEF) de décembre, j’ai écouté avec attention Evert Van de Poll. Ce pasteur baptiste, professeur de théologie, a présenté un aperçu de la situation de l’Europe en matière de religion, avec une approche démographique et sociologique.
Il a notamment parlé de la génération des personnes - de plus en plus nombreuses - qui ont grandi sans aucun repère religieux, qui sont «post-rupture». Elles n’ont pas rompu elles-mêmes avec la ou les religions, mais leurs parents l’ont fait. Elles n’ont pas quitté la religion puisqu’elles n’ont de fait jamais été dedans.

De cet exposé ont émergé deux questions principales: «Cette génération post-rupture ou post-sécularisée existe-t-elle dans la vraie vie?» Et la grande question: «Si oui, comment lui annoncer l’Evangile?» J’ai eu sur le chemin du retour vers mon domicile, sans le chercher, plusieurs éléments de réponse. D’abord en gare de Lyon où un attroupement se formait autour d’un piano et d’une quinzaine de jeunes qui chantaient. Je me suis approché pour écouter. C’étaient des cantiques. Le public était visiblement ému. Un homme entre deux âges déclarait vivre «un petit moment de grâce». Plusieurs adolescentes filmaient cette chorale spontanée avec leur smartphone. Pourtant les paroles étaient claires: un appel à la repentance, des hymnes à la gloire de Dieu. Par leur spontanéité, leur authenticité, leur simplicité et leur zèle à annoncer le Christ, ces jeunes d’une Eglise évangélique de la banlieue nord de Paris avaient en partie répondu à la deuxième question.

Et à la première? Dans le TGV, le visage d’un trentenaire m’a semblé familier. Oui, c’est à la télévision que je l’ai vu, c’est un aventurier connu. J’engage la conversation dans le wagon-bar. Très chaleureux, il aborde tout de suite la question de ma foi. Et la sienne? Une forme de déception de ne pas en avoir eu petit, ses parents ayant quitté l’Eglise catholique dès le début de leur âge adulte. Lui est donc un «post-rupture» typique. Il me dit aimer Dieu, mais un dieu impersonnel dont les conséquences des transgressions ne sont que contre soi-même ou les autres. Pas de compte à lui rendre. Il semble réceptif et plus que ça même, affamé, sincère. Comment lui parler? Par quoi d’autre que l’authenticité et surtout ce qui fait recette depuis plus de 2000 ans, l’amour? Et si nous faisions de l’annonce de l’Evangile aux «post-rupture» une priorité en 2019?

David Métreau

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