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Les évangéliques ont rendez-vous avec leur avenir

Les évangéliques ont rendez-vous avec leur avenir
 
14.09.10 - Du 16 au 25 octobre, quatre mille responsables de plus de deux cents pays seront rassemblés au Cap pour la Conférence de Lausanne III. Ils se pencheront sur l’effort missionnaire des années à venir au niveau mondial, avec une nouvelle Déclaration à la clé
La Déclaration de Lausanne de 1974, véritable confession de foi et référence théologique du mouvement évangélique, a rendez-vous avec son histoire. A l’heure où plus de quatre mille représentants chrétiens, en grande majorité évangéliques, ont rendez-vous pour la troisième édition de la Conférence de Lausanne, le Christianisme Aujourd’hui pose une question: faut-il une nouvelle Déclaration de Lausanne?

Après Lausanne en 1974 et Manille en 1992, la troisième édition du Congrès pour l’évangélisation du monde aura lieu à Cape Town en Afrique du Sud, du 16 au 25 octobre prochain.

Revoir la Déclaration?
Ce que le protestantisme évangélique possède de plus proche d’une Constitution a permis de réunifier, à l’époque, un mouvement qui était menacé de se scinder en deux ailes, l’une sociale et l’autre religieuse. Mieux, la Déclaration de Lausanne est considérée par les spécialistes de la mission et des religions chrétiennes comme l’un des trois documents les plus significatifs que les chrétiens aient produit au siècle dernier. Aujourd’hui, le besoin d’une révision voire d’une refonte de ce document historique se fait sentir.

Trente-six ans se sont écoulés depuis la rédaction, principalement par le théologien britannique John Stott, de la Déclaration de Lausanne. Mais ces années comptent double ou triple, voire plus en ce qui concerne l’évolution tant de la société que du milieu évangélique. Le visage de la première a changé, révolution informatique, mondialisation et avènement du postmodernisme ayant passé par là.
Le milieu évangélique, quant à lui, a connu un immense essor, passant de 277 à 729 millions de fidèles aujourd’hui (source David Barrett). Au progrès quantitatif se sont ajoutés deux phénomènes: une grande diversification et un basculement du centre de gravité du développement de l’Eglise vers le Sud.

Dans les années 1970, les évangéliques étaient assez aisément reconnaissables. En net décalage par rapport à la société environnante, ils étaient pointés du doigt. En 2010, en Occident du moins, ils ont peut-être la tendance inverse, celle d’être fondus dans la masse, dans les bons comme dans les mauvais côtés. Les bons côtés, c’est le fait d’être culturellement en phase avec son temps, de voter et d’oser des engagements citoyens. Les mauvais, ce sont d’importantes concessions en matière de morale individuelle, avec les frasques d’évangéliques très visibles qui occasionnent une perte de crédibilité pour tout le mouvement. C’est encore un engagement social ou civil motivé par l’Evangile mais sans annonce de l’Evangile.

L’Eglise, risque d’éclatement
Les défis ne sont pas les mêmes non plus en 2010 qu’en 1974: à l’époque, John Stott a réussi à récapituler succinctement l’évangélisation avec l’action sociale, l’humanitaire avec le culte. Aujourd’hui, cela ne fait plus débat et les fronts et les enjeux sont différents. Les développements récents qui mettent le mouvement évangélique au défi sont par exemple la tension entre grâce et vérité (dans le rapport aux homosexuels ou à l’islam) ou la tension entre lecture plutôt littérale ou plutôt figurative de la Bible par rapport à la science ou le conflit israélo-palestinien, enfin sur un pôle doctrinal-conservateur et un autre charismatique. Troisième exemple, l’urbanisation massive, à l’échelle planétaire, qui détruit les solidarités naturelles et transforme les Eglises en clubs.

Plus que sur des questions de fond, c’est peut-être sur la question de l’Eglise que le risque d’éclatement est le plus grand pour le milieu évangélique. Ce dernier, qui a déjà individualisé la foi plus que toute autre confession chrétienne, a subi de plein fouet l’individualisation de la foi au cours des vingt dernières années. Le mouvement évangélique est aujourd’hui une quantité de chapelles qui n’est plus lisible, parfois même de l’intérieur. Seule une forme de conscience commune lui donne encore un sens. Une présence à la société crédible, une évangélisation du monde, passent-elles par une réaffirmation du rôle et de la vocation de l’Eglise aussi bien pour le chrétien comme pour le monde?
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Illustration/Photo: rencontre globale du mouvement
de Lausanne à Pattaya, en 2004
© Alliance Presse
 
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Aimer Dieu, servir le monde, interview de Chris Wright, qui pilote la rédaction de la Déclaration de Lausanne 2010

Comment expliquez-vous l’influence de la Déclaration de Lausanne au cours des récentes décennies?
Ce texte permet de comprendre les différents aspects de la mission. Il insiste sur les nécessités parallèles de l’annonce de l’Evangile et de l’action sociale. La Déclaration rappelle la nécessité d’enseigner et de se former à la mission en tenant compte du contexte culturel. Et elle reflète la dimension intégrale de l’enseignement biblique.

Cette déclaration a permis d’unir les chrétiens évangéliques autour d’un noyau de convictions et de foi communes relatives à la mission.

Le mouvement évangélique s’est fortement développé en 36 ans. Que faut-il pour assurer son unité à l’avenir?
Premièrement, nous avons besoin d’un mouvement de l’Esprit saint qui suscite la repentance des attitudes et pratiques contraires à l’esprit de Christ.






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