L'article

Les évangéliques appelés au risque et à l’audace

Les évangéliques appelés au risque et à l’audace
 
25.06.18 - Oser se jeter à l’eau, dépasser ses limites, sortir de sa zone de confort: des termes qui ont peu à peu déserté l’éducation européenne, sans disparaître pour autant. Il est temps pour les évangéliques de retrouver leur courage. Une contribution de l’historien Sébastien Fath.
L’histoire de la francophonie évangélique en Europe est marquée par l’expérience d’une double minorité. D’abord, par l’appartenance au protestantisme. Ensuite, par la spécificité évangélique, longtemps considérée comme un peu marginale.

Education à la difficulté
Cette condition minoritaire tend à renforcer les mécanismes de défense du groupe face à la difficulté. Et des obstacles, il y en a eu pour les francophones évangéliques! En France comme en Belgique ou en Suisse, le combat pour une pleine liberté religieuse n’a pas été facile. Des pasteurs furent même parfois emprisonnés et des temples fermés, en plein 19e siècle.
Jusqu’aux lendemains de la Première Guerre mondiale, il pouvait être difficile, pour un évangélique, d’obtenir un emploi dans certains secteurs, lorsque le patronat suspectait une différence sectaire. D’où une habitude de l’obstacle, un entraînement à la difficulté, une culture de la résilience sociale.
La littérature évangélique francophone est riche d’exhortations à résister, d’invitations à l’audace et à l’anticonformisme. Les pratiques évangéliques reflètent aussi cette éducation à la difficulté: en matière de demande de temps, de soutien financier, d’effort de déplacement, la barre est placée haut.
Même l’exigence de mémorisation des versets frappe par son ambition: au début du 20e siècle, beaucoup d’enfants des écoles du dimanche sont capables d’apprendre et restituer par cœur des textes bibliques copieux.

On nous infantilise
Cette éducation à la difficulté et au courage n’a pas disparu. Mais elle s’inscrit depuis quarante ans dans un contexte de mutations marquées par une peur croissante du risque. Avec l’augmentation du niveau de vie et l’essor de la société des loisirs, le risque et la difficulté nous paraissent de moins en moins acceptables, comme l’a montré le sociologue Ulrich Beck, dans La société du risque (éd. Aubier).
L’essor des moyens de communication et l’intuitivité des technologies numériques nous mettent à disposition bien des outils pour prévenir le risque, résoudre la difficulté. Les numéros d’urgence se sont multipliés. Et tant mieux! Ils sauvent des vies. Mais la commodité de ces ressources de prévention ne doit pas nous faire oublier qu’appuyer sur un bouton ne résout pas toujours tout. Et qu’à force de nous déshabituer du risque et de l’audace, on nous infantilise et on nous fragilise.

Entre immobilité et action
Deux exemples récents, dans l’actualité française, nous le rappellent.
(...)
Lire la suite Commander ce numéro S'abonner

Alliance Presse est un groupe de presse indépendant, spécialisé dans la presse chrétienne.

Pour accomplir sa mission d'information de façon professionnelle, Alliance Presse dépend de la générosité de celles et ceux qui apprécient ses magazines et ses sites internet.

Je manifeste mon soutien à Alliance Presse en ajoutant un don de
    
 
Une faute d'orthographe, une erreur ou un abus dans les réactions: signalez-le à la rédaction.


Pas de réactions pour l'instant: soyez le premier à réagir sur cette page.

Saisir votre réaction

Se connecter/S'inscrire pour réagir
 
Crédits
Illustration/Photo: © iStockphoto
 

Facebook
 
éditeur

Un site
d'Alliance Presse



 

x