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Les Eglises évangéliques dans le sillage de Mai 68

Les Eglises évangéliques dans le sillage de Mai 68
 
23.04.18 - Un demi-siècle après, Mai 68 se ressent encore dans les Eglises évangéliques, pour le meilleur et pour le pire. Cette aspiration à la liberté est-elle une conséquence lointaine de la Réforme? Dans l’Eglise aujourd’hui, les soixante-huitards et la génération numérique ont du mal à se comprendre. Dossier.
Si vous êtes un évangélique et que l’on vous parle de Mai 68, il y a de fortes probabilités que vous fassiez la grimace. Cette révolte étudiante qui prônait le refus de l’autorité et la libération sexuelle pourrait vous rebuter à tel point que vous n’y verriez pas ce qui aurait bien pu en sortir de bon. Détrompez-vous; si Mai 68 a bel et bien cristallisé un changement des valeurs de la société, déjà amorcé dans les années 60, les évangéliques en ont certainement bénéficié davantage que ce que l’on pourrait penser.
«Avec Mai 68, rien ne change et tout change», a déclaré Edgar Morin, sociologue et philosophe, dans une interview accordé à l’Obs. Rien ne change car dès le mois de juin, l’ordre social, politique et économique se rétablit, malgré quelques événements qui surviendront encore. Et tout change, parce que les retombées de cette révolution se mesureront plus tard, encore aujourd’hui. «Un processus s’est enclenché qui va bouleverser l’esprit du temps et les sensibilités.»
Et les évangéliques là-dedans? «De manière globale, le milieu évangélique n’a pas participé à l’esprit 68. C’était un vent qui soufflait dans une autre direction que l’Evangile», se souvient le théologien Henri Blocher.
Mais ce vent qui soufflait ailleurs s’était déjà levé plusieurs années auparavant. «Mai 68 est un signe visible, mais une transformation religieuse s’était pointée dès le début des années soixante: elle se voyait dans l’arrivée de la non-affiliation religieuse», indique le sociologue des religions Christophe Monnot, maître de Conférences à l’Université de Strasbourg.

Recherche d’authenticité
Pour autant, la baisse de la pratique religieuse dès les années soixante ne signifiait pas nécessairement un ras-le-bol de la notion communautaire. En réalité, Edgar Morin, toujours dans l’Obs, relève un paradoxe: «Alors que la civilisation des Trente Glorieuses prétendait apporter le bien-être par le confort matériel, les adolescents ressentaient la vacuité de cette promesse. Ils étaient à la recherche d’une forme d’authenticité personnelle, rêvaient de fraternité, de vie communautaire et en même temps d’autonomie individuelle. Et ce décalage, ce malaise ont engendré des formes de rebellion.»
La mondialisation aidant, plusieurs pays du monde ont vécu leur «Mai 68» entre la fin des années 60 et le début des années 70. L’Europe a été influencée par le mouvement de contre-culture américain dont ont émergé, dans le milieu religieux, les Jesus People, des hippies convertis, influenceurs du christianisme évangélique actuel.
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Crédits
Illustration/Photo: © La Marianne de mai 68, Jean-Pierre Rey
 
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Sois jeune et tais-toi

Claude Grandjean, ancien président de l’Alliance évangélique française, avait vingt-cinq ans en Mai 68 et venait de se convertir à Jésus-Christ. Cinquante ans plus tard, il livre ses réflexions de papy-boomer dans Avant que le soleil s’obscurcisse (éd. Farel). Il y analyse cinq slogans et affiches de Mai 68.
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