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Les chrétiens tentés par le racisme?

Les chrétiens tentés par le racisme?
 
19.10.15 - Des vagues de racisme secouent l’Occident. Dans ce contexte, les chrétiens sont-ils tentés de suivre le mouvement ou prêts à montrer un visage plus accueillant et plus aimant?
«L’homme n’a pas de couleur, mais de la valeur», chante Matt Marvane dans Noirs et blancs, son dernier album. Un bel appel à la paix, mais qui ne répand pas son écho partout. Des meurtres de jeunes Afro-Américains commis par des policiers aux Etats-Unis entre l’été 2014 et 2015. Des débats animés qui agitent l’Europe sur la question de l’immigration, et qui crispent l’opinion publique. Le développement de partis xénophobes sur le Vieux Continent. Oui, le racisme est au cœur de l’actualité. Mais pourquoi cette discrimination existe-t-elle encore, alors que l’humanité est censée être «éclairée» par les leçons de l’Histoire et que les scientifiques ont démontré que l’idée d’une hiérarchie entre les races est intenable?

Peur de perdre nos acquis
Première piste d’explication: le concept de «racisme» a évolué et ne concerne plus seulement les questions génétiques, remarque Martine Brunschwig Graf, présidente de la Commission fédérale suisse contre le racisme. «C’est le rejet de l’autre, en fonction de son ethnie, de sa nationalité ou de sa religion. C’est la détestation de la différence, le fait de considérer l’autre comme inférieur».
Maître d’enseignement et de recherche à l’Université de Lausanne, spécialisée dans l’étude du racisme, Lavinia Gianettoni poursuit: «Le racisme se fondant sur l’idée explicite d’une classification des races est aujourd’hui très rare. Il y a eu déplacement du concept de race à celui de culture». Autrement dit, il y a aujourd’hui une «mise à distance de l’autre, considéré comme trop différent culturellement».
Qu’est-ce qui provoque ce rejet de la différence? Selon Lavinia Gianettoni, il s’agit d’un «processus lié à une justification de la culture en place. Tant qu’il y a une hiérarchie à justifier, des groupes exploités et d’autres privilégiés, le racisme existe. Cela permet de préserver les privilèges des dominants». L’actualité internationale aussi «exerce une influence sur la visibilité de propos discriminatoires», explique Martine Brunschwig Graf. Aujourd’hui, les conflits au Proche-Orient, Daech et les questions d’immigration favorisent ces attitudes. «Dans le débat sur les migrants, il y a la crainte d’être envahi par des gens d’autres cultures, de perdre ce qu’ils croient être leur identité suisse». C’est une question de contexte: dès qu’il y a un sentiment de menace ou de peur, celle-ci est instrumentalisée au niveau politique, poursuit Lavinia Gianettoni.
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«Certains chrétiens pensent toujours que la Bible tient quelques races pour maudites et inférieures. Cette attitude se fonde sur un malentendu à propos de la malédiction dont Canaan a été frappé après le déluge», écrit Charles Ryrie. Après le passage où Cham voit son père Noé nu et ivre, Noé bénit Sem et Japhet et maudit, non pas Cham, mais l’un de ses quatre fils, Canaan, argumente le théologien.
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