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Le mariage, naufrage d'une succes story?

Le mariage, naufrage d'une succes story?
 
22.10.12 - A la veille de l’adoption du mariage homosexuel en France, la question de la pérennité du mariage traditionnel se pose: assiste-t-on à la fin d’un modèle? Les Eglises ont-elles un rôle à jouer pour réaffirmer leurs valeurs?
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Ces dernières décennies, le mariage a été mis à rude épreuve. La libération sexuelle, l’avènement de la contraception et le renversement des valeurs, conséquence de
Mai 68, ont ouvert la voie à la cohabitation hors-mariage. Et depuis les années 1970, les divorces sont en hausse constante dans les sociétés occidentales .
Aujourd’hui, le projet du gouvernement français d’ouvrir le mariage aux couples homosexuels porte un nouveau coup à l’édifice du mariage. Et l’on en vient à parler ici et là de polygamie et d’inceste... L’institution du mariage est-elle sur le déclin? Ou a-t-elle encore un avenir?
Pour Eric Widmer, sociologue spécialiste de la famille, le mariage conserve une grande pertinence.
En Suisse, l’union civile et parfois religieuse reste une dominante. Seuls 20% des enfants naissent hors-mariage, contrairement à la France où le chiffre s’élève à 50%. «Le mariage continue de donner une solidité, une sorte de garantie légale par rapport au risque de séparation qui est plus fort pour les couples non-mariés», développe le sociologue. Le mariage conserve en effet tout un ensemble de sécurités importantes, notamment pour le veuvage ou les droits en cas de divorce.
On relève toutefois un changement majeur depuis les années 1960: le mariage est souvent précédé d’une période de cohabitation, pendant laquelle les compagnons se «testent».

Signe de réussite sociale
Mais Eric Widmer évoque un autre atout du mariage: «Au niveau symbolique, il est un signe de réussite sociale. Pouvoir s’inscrire dans une relation à long terme montre qu’on a réussi à construire quelque chose de solide». Du point de vue de Louis Schweitzer, pasteur et professeur d’éthique à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, ce «quelque chose» de solide est hétérosexuel et familial. Pour lui, le mariage garde sa pertinence s’il unit un homme et une femme dont le but est de former une cellule familiale. Et c’est là que le bât blesse et que le mariage est la cible d’une attaque en règle: «La remise en cause de la forme du mariage n’est pas grave; celle du fond l’est davantage. Le mariage fonde la filiation. Si on l’ouvre aux couples homosexuels, on va en faire un engagement public d’amour entre deux personnes, alors que juridiquement, l’amour n’a rien à voir avec le mariage.»

Le mariage d’amour n’a pas que du bon
La grande valeur accordée à l’amour a donc joué un rôle dans les changements que connaît le mariage aujourd’hui.
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Les conséquences d'un mariage gay

Ouvrir le mariage civil aux couples homosexuels, qu’est-ce que cela changerait?

Eric Widmer: Les homosexuels veulent avoir accès à ce marqueur de statut social et affirmer devant la communauté que leur amour est quelque chose de durable et de sérieux. Je ne pense pas que leur refuser cet accès renforcerait le mariage. Cela pourrait plutôt avoir tendance à éloigner une partie de la population, qui considérerait cette institution comme ringarde et réservée à certains sous-groupes. Du point de vue religieux, c’est une autre question.
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