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Le langage perdu des lamentations

Le langage perdu des lamentations
 
22.05.17 - Dans un ouvrage paru récemment, le chanteur-compositeur Michael Card relève l’importance d’exprimer devant Dieu autant ses joies que ses peines, colères et déceptions. C’est la seule alternative au «murmure» que condamne la Bible ou au masque religieux du déni. La saine lamentation mène à la véritable louange.
On pourrait être tenté de croire que se plaindre revient à faire preuve d’ingratitude envers Dieu, lui qui pourvoit chaque jour à nos besoins et qui est allé jusqu’à donner son Fils unique pour notre salut. L’épître aux Philippiens enjoint en effet le disciple du Christ à faire toutes choses sans «murmure», donc sans plainte ni récrimination. Comment concilier cet enseignement avec les lamentations exprimées dans les Psaumes ou dans la bouche de Job et du prophète Jérémie? Confrontés aux drames, à la maladie, à l’incompréhension ou à la douleur, des héros de la foi ont en effet «répandu leur cœur» devant Dieu par des lamentations.
Parmi eux, Jésus a verbalisé son sentiment
d’abandon sur la Croix.

Pour Pierre-Yves Zwahlen, auteur et éditeur à la Ligue pour la lecture de la Bible (LLB), il est bon de se souvenir que l’art du paradoxe est très juif et très biblique: «Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une même personne demande de faire toutes choses sans se plaindre alors qu’elle adresse à Dieu, en d’autres temps, de vibrantes prières pleines de larmes et de récriminations», précise celui qui s’est aussi penché sur la vie du prophète Jérémie dans son roman Panique angélique.

Des prières qui sentent le religieusement correct
Dans son livre «L’espérance au cœur de la souffrance» (Ed. Clé de Sol), Michael Card montre à travers les vies de David, Job, Jérémie et Jésus que loin d’être une forme de révolte, pleurer devant Dieu et se lamenter manifeste un désir d’intimité avec lui: «Toutes les fois où David a dû affronter les spectres terrifiants de ses multiples adversaires, ses lamentations lui permettaient de retrouver la présence réconfortante de l’Éternel», écrit-il.

Pour Pierre-Yves Zwahlen, les lamentations ont l’immense vertu de nous permettre d’être vrais devant Dieu: «Trop souvent nos prières sont polluées par le religieusement correct, exprimant des formules toutes faites, des platitudes à des lieues de notre état du moment». Et d’estimer que c’est en ouvrant notre cœur à Dieu sans détour, en nous lamentant devant lui, que nous lui donnons la possibilité d’intervenir, de soulager notre souffrance et de nous guérir. Toutefois, Pierre-Yves Zwahlen met en garde: les lamentations ne doivent pas devenir un état, car nous ne sommes pas appelés à être des chrétiens pleurnicheurs.
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