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Le Christ décrucifié

Le Christ décrucifié
 
20.03.17 - Le paradoxe entre l’amour de Dieu et le sacrifice sanglant de son Fils n’a jamais été facile à tenir. Le milieu évangélique a toujours résisté aux appels à mettre le second aux oubliettes pour ne garder que l’amour. Ce refus du sang ferait toutefois son nid même chez les évangéliques, notamment sous la forme du triomphalisme. Dossier.
Le sacrifice de Jésus-Christ est au centre du Crédo et la croix, le symbole le plus répandu du christianisme. Or sa portée est remise en question jusque dans les milieux évangéliques.
«En s’appropriant la Croix, les chrétiens lui conféraient une signification bien précise: au centre de leur compréhension de Jésus-Christ, il y avait sa mort et plus particulièrement sa mort sur la croix», a écrit le théologien John Stott dans La Croix de Jésus-Christ. Le prédicateur Ruben Saillens, dans La Croix de Jésus-Christ et l’évangélisation, la résumait ainsi: «La croix n’est pas l’une des doctrines de l’Évangile, elle en est l’âme, comme le soleil est l’âme du monde.» Ces deux figures majeures du protestantisme évangélique des deux siècles passés reconnaîtraient-ils leurs descendants aujourd’hui?
Voici les trois plus grandes réinterprétations du message évangélique, criantes ou subtiles.

1. La croix n’est pas nécessaire au salut
«Nos contemporains refusent souvent catégoriquement la mort de Jésus-Christ comme une nécessité sans laquelle le plan rédempteur de Dieu ne peut être efficace. Sa mort en croix est au mieux le signe que sa sagesse est vraie puisqu’elle l’a conduit au martyre», constatent Philippe Decorvet et Thierry Juvet dans La croix, une puissance oubliée (éd. Emmaüs).

Nous nous sommes tous déjà interrogés: comment un Dieu d’amour a-t-il pu envoyer son propre fils à la potence? La tentation de réinterpréter l’Évangile part de là. En mourant sur une croix, Jésus aurait alors uniquement donné, un exemple d’amour, de service et de sacrifice - pris dans un sens général de «don de soi». Ainsi, certains pasteurs affirment que la Croix ne serait plus le centre de l’Évangile parce que la doctrine de l’enfer et de la rédemption par le sang constituent une mauvaise publicité. Ou encore qu’il n’y a nul besoin de croire au sacrifice expiatoire du Christ pour être sauvé.
En francophonie, cette affirmation ne s’exprime pas toujours franchement, à cause du traditionalisme religieux qui demeure. La prédication d’un «salut sans croix» est plus décomplexée outre-atlantique. Une théologienne américaine a affirmé que «si le christianisme veut être libérateur pour les opprimés, il doit en finir avec l’expiation, l’idée que le genre humain porte la tache d’un crime que seul peut laver le sang de l’agneau.
(...)
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Illustration/Photo: © Ixène
 


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