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La relation d'aide n'est pas d'abord thérapeutique

La relation d'aide n'est pas d'abord thérapeutique
 
01.04.15 - Dans «La relation d’aide, vocation de l’Eglise?» (éd. Excelsis),
le psychologue, pasteur et enseignant Paul Millemann prône une relation d’aide axée sur la Bible et vécue dans le cadre ecclésial.
Il met la psychologie au second plan. Entretien.
Vous préconisez une relation d’aide basée sur la Bible plutôt que sur la psychologie. Pourquoi?
La raison est d’abord historique. La relation d’aide est née hors des Eglises, qui l’ont pourtant adoptée, pensant qu’elle correspondait à ce qu’elles pratiquaient: l’accompagnement pastoral. Si je prône un tel accompagnement, c’est parce que le message biblique donne des réponses claires au sujet des relations entre l’homme et Dieu. La Bible montre aussi que bien des difficultés sont liées au péché originel. Or la psychologie évacue ces notions. L’enjeu central, c’est la nature de l’homme: créé avec une dignité, pour être en relation avec Dieu, il s’est détourné de lui et cherche par ses propres moyens, y compris la psychologie, à résoudre ses problèmes. Partir de l’homme et de ses besoins, comme le fait la psychologie, est incomplet. La relation d’aide ecclésiale n’a donc pas d’abord une visée thérapeutique, mais devrait favoriser la croissance spirituelle.
Cela dit, il faut voir l’être humain comme une personne globale: et donc, le changement du cœur aura une incidence sur le comportement. Or certaines psychothérapies n’obtiennent qu’un changement en surface, si bien que le naturel reviendra au galop. Une relation d’aide biblique rappelle que le Christ est le divin médecin, qui accorde un salut à la fois juridique et médical. Dieu est un acteur essentiel dans l’accompagnement de la souffrance. Le hic, c’est que l’on a trop cherché des solutions dans la psychologie et pas assez dans la Bible.

Est-ce à dire qu’en dehors de la foi chrétienne il n’y a aucun moyen de guérir et que la Bible peut répondre à toutes les souffrances?
Le seul bémol, ce sont les pathologies lourdes, dont certaines maladies mentales graves, qui nécessitent un traitement médical. Les pasteurs ne sont pas équipés pour cela. Le défi est de savoir à partir de quand déléguer. Pour le reste, je crois qu’une relation d’aide dite biblique peut répondre à toutes les souffrances, y compris les choses vraiment douloureuses, et qu’elle est la plus globale pour comprendre la personnalité humaine. Je présente dans mon livre une sorte de «méthode» en sept étapes pour accompagner quelqu’un.

Pourtant, ceux qui viennent chercher de l’aide n’ont-ils pas parfois plus besoin d’un Dieu thérapeute, qui compatit à la souffrance, que d’un Dieu qui vise la croissance spirituelle?
Bien sûr, la personne qui vient chercher de l’aide préférera parfois entendre qu’elle est une victime, mais cela ne résoudra pas le fond de son problème. Avec discernement, il faudra partir de là où elle en est et essayer de voir quelle est sa demande pour l’inviter à rencontrer le Dieu qui soigne ou le Dieu qui pose un cadre.
(...)
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