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La prospérité fait-elle partie du plan divin?

La prospérité fait-elle partie du plan divin?
 
19.03.12 - «Si tu fais ceci et cela, tu sera béni. Sinon, tu seras maudit». C’est en substance le message du chapitre de Deutéronome 28, qui parle des bénédictions et malédictions liées à l’obéissance du Peuple d’Israël. Ce texte s’applique-t-il à l’Eglise d’aujourd’hui? Kurt Bühlmann et Paul Wells en débattent.
OUI: Kurt Bühlmann, formateur dans le domaine des finances sur des principes bibliques

Ne pas tronquer la Bible
Prenons pour commencer ce texte de 3 Jean 1,2: «Bien aimé, je souhaite que tu prospères à tous égards et sois en bonne santé, comme prospère l’état de ton âme». Il y a ici une réponse biblique claire: oui, la prospérité fait partie du plan divin.
J’affirme aussi que les promesses de bénédictions contenues dans Deutéronome 28,1-14 sont toujours d’actualité, de même que les malédictions. Sinon, il faudrait lire la Parole de Dieu avec une lame de rasoir que l’on utiliserait pour découper les passages jugés «dépassés».
Ces promesses sont clairement conditionnelles. Certes, l’amour de Dieu est inconditionnel pour chaque être humain, mais ses bénédictions sont clairement conditionnées à l’obéissance. Ce passage parle aussi de «prospérité physique», comme la lecture des versets 20 à 22 peut nous le faire penser.

Entre théologie de la prospérité et Evangile de la pauvreté
Mais j’aimerais maintenant en venir à un avis personnel, en relation avec les finances. Selon moi, Deutéronome 28 ne doit pas être lié de façon unilatérale à la prospérité matérielle. Car, reconnaissons-le, le thème de la prospérité est trop souvent et abusivement utilisé sous la forme d’un «Evangile de la prospérité», qui a déjà provoqué beaucoup de dégâts dans les milieux chrétiens.
D’un autre côté, l’Evangile de la pauvreté, passablement répandu également, ne correspond pas non plus à l’enseignement biblique. Je suis régulièrement confronté à ces deux extrêmes dans mes séminaires et conférences.

Retrouvez l'avis intégral de Kurt Bühlmann sur la page suivante


NON: Paul Wells, théologien calviniste et doyen de la Faculté Jean Calvin

Tenir compte du contexte
Premièrement, par la nature des choses, un texte de promesses et de menaces concerne toujours quelqu’un dans une situation historique donnée. Dans le cas de Deutéronome 28, ces promesses et menaces sont données pour la nation d’Israël et pour la durée de sa vie dans le pays. Elles ne s’appliquent pas en dehors du contexte du peuple d’Israël.
Deuxièmement, les promesses et menaces, bénédictions et malédictions contenues dans ce texte de l’Ancien Testament sont matérielles, par exemple avec cette promesse: «Je vous donnerai la supériorité sur les nations». Ou «si ce n’est pas le cas, je vous disperserai parmi les nations», etc. Ce texte n’est donc nullement applicable aujourd’hui, puisque, dans le Nouveau Testament, les promesses données sont spirituelles et non plus matérielles. L’idée de «condition» est absente dans le Nouveau Testament. Les promesses de Dieu y sont toujours spirituelles et inconditionnelles. Il n’y est plus question de biens sur terre.

Des trésors dans le ciel: une nouvelle réalité spirituelle
Cela correspond à l’enseignement de Jésus. N’a-t-il pas dit: «Amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent» (Matt. 6,20)? Jésus a introduit la notion du pèlerin sur la terre. Notre temps n’est pas appelé à durer. Si nous souffrons avec lui, nous serons glorifiés avec lui. Nous marchons à la suite de Jésus en vue de la bénédiction finale. Notre bien est avant tout de connaître Dieu, pas de posséder ceci ou cela: Dieu est notre bien.
En troisième lieu, une autre raison théologique explique cette position. Abraham a reçu la promesse de terre et de biens terrestres. Mais dans les Hébreux, il est dit qu’Abraham voyait l’accomplissement de cette promesse dans la possession d’une patrie céleste. Ce n’était donc qu’un symbole de quelque chose de plus important.

Jésus ne nous a pas promis des richesses
Jésus ne nous promet pas les biens matériels si nous le suivons. Au contraire, marcher à sa suite implique des sacrifices. Il faut parfois renoncer à sa famille, à ses biens, etc. Dans son histoire, l’Eglise a compris que suivre le Christ indique un renoncement à soi et le service de Dieu, en vue d’une bénédiction plus grande.

Retrouvez l'avis intégral de Paul Wells à la page suivante

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01.07.12 13:42
Jean Huys
Il y a une grande mauvaise foi de la part de Kurt Bühlman de prendre les salutations de la lettre de Jean à Gaius pour la parole de Dieu.
Ce ne sont que des salutations d'usage du genre "portez-vous bien " ou "passez de bonnes vacances" ou "que le beau temps arrive".
J H
16.04.12 16:44
Jessica Melagne
En lisant ces deux points de vue, je me dis qu'il n'y a pas de réelle bonne réponse. Dieu accordera à l'un la richesse à l'autre pas. Il souhaite quand même que nous nous contentions de ce que nous avons et que nous l'en remercions. Il faut mettre Dieu à la première place, y compris dans nos finances.
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