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«La philosophie n'est pas un obstacle à la foi»

«La philosophie n'est pas un obstacle à la foi»
 
24.11.14 - La philosophie et la raison s’opposent-elles à la foi? Il faut les voir comme complémentaires, répond Charles-Eric de Saint Germain, agrégé et docteur en philosophie, auteur notamment de «Cours particuliers de Philosophie» (éd. Ellipses).
Vous avez été touché par le message évangélique alors que vous meniez une importante réflexion philosophique et rationnelle. Comment l’expliquez-vous?
Mon parcours spirituel et mon cheminement intellectuel sont étroitement liés. J’ai toujours été animé par cette question: «Qu’est-ce que la vérité?». Ma première «conversion» est venue au terme d’une recherche philosophique: la foi chrétienne s’est imposée à moi comme une évidence. Hegel, le penseur qui a le plus contribué à me conduire au Christ (je me suis distancé de lui après ma conversion), m’a convaincu de la grandeur intellectuelle du christianisme. En même temps, la philosophie était incapable de donner des réponses à ce que je cherchais vraiment. Je croyais en Dieu, mais pas en sa capacité d’intervenir dans ma vie. Puis j’ai rencontré Jésus de façon plus personnelle, à l’occasion de la projection d’un film sur sa vie.
Le pasteur évangélique Jean-Paul Rempp m’a ensuite invité à suivre des études bibliques. J’y ai découvert la théologie protestante évangélique, moi qui étais
catholique de tradition.

Vous ne vous êtes pourtant pas distancié de la philosophie...
La philosophie n’a jamais été un obstacle à la foi; mes études l’ont même renforcée! J’ai vu que la plus grande faiblesse intellectuelle était du côté des adversaires du christianisme: à cet égard, Nietzsche ou Marx (on ne peut pas nier la force de la séduction intellectuelle de leur pensée) sont plutôt des exceptions. Au contraire, certains des plus grands penseurs sont soit explicitement chrétiens, soit ouverts à la croyance religieuse: Pascal, Kierkegaard, Bergson, Levinas...

Il y aurait donc une «bonne» et une «mauvaise» philosophie? Qu’est-ce qui les distingue?
L’enjeu: la philosophie est-elle ouverte aux suggestions de la révélation? Elle peut avoir tendance à se clore sur elle-même, à refuser de s’ouvrir à quelque chose qui la dépasse. Or, le rôle du philosophe est de montrer les limites et fragilités de la raison, d’admettre qu’elle ne peut pas tout connaître. Kant, par exemple, a montré que les questions métaphysiques, qui répondent pourtant à un besoin de la raison, ne peuvent être tranchées définitivement par elle, mais seulement par la croyance.

Le danger n’est-il pas de tomber dans l’agnosticisme, l’idée qu’on ne
peut pas comprendre ce qui nous dépasse?
(...)
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