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La foi peut donner du sens à la souffrance

La foi peut donner du sens à la souffrance
 
21.09.15 - Une société sans souffrance, est-ce possible? Mystère inexeplicable, la souffrance est-elle l’ennemi à éliminer? A défaut, quel sens donner aux épreuves qui semblent injustes et comment accompagner ceux qui les vivent?
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Un accident et une tétraplégie à l’adolescence, puis plus tard un cancer et une ablation du sein: Joni Eareckson Tada n’a pas été épargnée. Elle et son mari ont traversé des périodes terribles, sombres. Mais avec du recul, ils disent avoir compris une chose de ces épreuves: «La souffrance a été et continuera d’être le moyen que Dieu utilise pour nous attirer plus près de Jésus, nous manifester sa puissance et son soutien.»
Un discours étonnant dans une société occidentale où la peur de souffrir semble avoir pris le pas sur la peur de la mort et son corollaire, le besoin de se préparer à rencontrer Dieu. «En effet, si l’on regarde les motifs de recours au suicide assisté, la peur de souffrir vient avant celle de mourir», constate le docteur Raymond Bossy, spécialiste en réadaptation et membre des CASS. Un état de fait qui exprime la conception de nombreuses personnes quant au sens ou non-sens de la vie, à la présence ou absence de Dieu: «S’il n’y a pas de Dieu, ni de vie après la mort, le but de la vie consiste à en retirer le plus de plaisir possible. La souffrance n’a pas de place ni de sens. Si par contre on conçoit la vie comme une occasion de se préparer à l’éternité avec Dieu, d’apprendre à le connaître, à l’aimer et à gagner en maturité dans nos relations, la souffrance peut être le terreau de belles découvertes.»
Historien des religions et coauteur de La mort en questions (éd. Erès), Daniel Faivre n’est pas sûr que la peur de la souffrance ait relégué la peur de la mort au second plan: «Je serais tenté de penser l’inverse, en raison même de l’affaiblissement de la foi et de l’espoir en une survie individuelle».
Pour s’en convaincre, il relève l’engouement pour les croyances plus ou moins exotiques sur la migration de l’âme. Cependant, le chercheur admet que la douleur devient un grand sujet d’effroi dans notre société: «L’histoire montre que l’acceptation de la douleur varie selon les époques et les situations. Nous vivons dans un siècle où l’on a davantage envie de se faire plaisir que de souffrir, comme en atteste le chiffre d’affaires de l’industrie des analgésiques.»

Quel drôle d’Occident!
Le théologien Timothy Keller est aussi critique: «Notre société n’offre aucune explication à la souffrance et peu de conseils sur sa gestion. Elle laisse les gens se débrouiller seuls. Nous sommes plus choqués par la souffrance que ne l’ont été nos ancêtres», écrit-il dans La souffrance (éd. Clé).
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